McDonald’s et le harcèlement sexuel systématique

Mis à jour : nov. 9


Le 18 mai, une coalition internationale de syndicats a annoncé avoir porté plainte devant l’OCDE. McDonald’s est accusé d’avoir failli dans la lutte contre un harcèlement sexuel systématique dans plusieurs pays. Deux banques actionnaires sont également visées. Il s’agit de la 1e plainte pour ces faits contre une multinationale. 🍔

Harcèlement sexuel, de quoi on parle ?


Le harcèlement sexuel est défini par le Code pénal par « le fait d'imposer à une personne, de façon répétée, des propos ou comportements à connotation sexuelle ou sexiste qui soit portent atteinte à sa dignité en raison de leur caractère dégradant ou humiliant, soit créent à son encontre une situation intimidante, hostile ou offensante ». Il est également réprimé par le Code du travail.


« Systématique » renvoie à une habitude plus grande que celle visée par la définition du harcèlement. Ce mot est choisi pour viser le fait que c’est une habitude de l’enseigne, et non pas seulement d’une personne en particulier.


Pourquoi une plainte de harcèlement sexuel contre McDonald's ?


L’OCDE est garante du respect du droit du travail (dont la protection des salariés contre les violences sexuelles) par les multinationales et leurs actionnaires. Les Pays-Bas étudient la plainte, « centre nerveux » européen de McDo ainsi que le siège de l’une des banques. D’ici 3 mois, ils doivent décider d’initier ou non une médiation entre les parties.



La plainte vise l’absence de réaction malgré plusieurs plaintes déposées dans différents pays depuis 2016 (Australie, Brésil, Chili, Colombie, France, Royaume-Uni, Etats-Unis).


Les faits reprochés sont divers : femmes à l’accueil et hommes en cuisine, obligation de porter une jupe, violences sexistes, pression à venir maquillée, contacts physiques non consentis, sollicitations à caractère sexuel, vidéos dans les vestiaires... Et lorsque les victimes se confient, certaines se feraient licenciées, ou réduire leurs heures.



Quelle réponse de McDonald's face aux accusations de harcèlement sexuel ?


Selon elle, les conditions de travail des salariés ne sont pas de sa responsabilité, 90% des restaurants étant franchisés. « La lutte contre ces comportements, ou encore contre toute discrimination sexuelle, de genre et d’origine est notre priorité. L’enseigne a d’ailleurs développé des procédures toujours plus efficaces d’alerte, de gestion des situations particulières et de formation des managers." 


Cette plainte sert d’abord à la visibilité de ces faits, et pour que de véritables outils de lutte contre les discriminations et violences sexistes soient mis en place, les employés étant le reflet de l’image de la chaîne.



Le saviez-vous ?


  • En septembre 2018, une grève aux USA a eu lieu pour ces mêmes raisons.

  • Fin 2019, le PDG avait été renvoyé pour avoir entretenu une relation avec un employé.



Marie Kalita


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