ENM : tout ce qu’il faut savoir sur le concours d’entrée 2020

Mis à jour : il y a 7 heures

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Chaque année, de nombreux étudiants en droit tentent de réussir le concours d’accès à l’Ecole Nationale de la Magistrature (ENM). Car malgré la difficulté et les taux de réussite très bas, le métier de juge fait beaucoup rêver. Une récente réforme et la situation de crise liée au Covid-19 sont venues chambouler l’édition 2020. Voici ce qu’il faut savoir sur le concours d’accès à l’ENM 2020 💡

Les concours d’accès à l’ENM repoussés à cause du Covid-19


Initialement prévu en mai, un arrêté publié au Journal officiel du 9 avril 2020 est venu reporter les épreuves d’admissibilité des 3 concours d’accès à l’École nationale de la magistrature en septembre prochain (7, 8, 9, 10 et 11 septembre 2020).


Par ailleurs, la période fixée pour le dépôt des dossiers complets et le dossier de reconnaissance des acquis de l'expérience professionnelle (deuxième et troisième concours) aura finalement lieu du 4 au 20 novembre 2020.


Les trois concours de l’ENM : qui peuvent les passer ?


En réalité, il ne s’agit pas d’un concours de la magistrature, mais de trois :


  • Le premier concours pour devenir juge est ouvert aux personnes françaises de moins de 31 ans, titulaires d’un bac +4 (d’autres conditions sont à remplir, comme la « bonne moralité » !). 

  • Les deuxième et troisième concours sont ouverts aux professionnels en reconversion. Le deuxième aux fonctionnaires et agents de l’Etat justifiant de quatre ans d’activité, le troisième aux professionnels du secteur privé justifiant de huit années d’exercice. 

  • Il existe également des concours complémentaires, plus spécifiques, réservés à certains professionnels (dont le parcours qualifie particulièrement aux fonctions judiciaires). 


Le saviez-vous ? 

  • Au début des années 80, voir une femme magistrate était rarissime, c’était un métier d’hommes ! En 2012, les femmes constituent 80% des admis à l’ENM. 

  • En 2019, sur 221 admis au 1er concours ENM, 192 avaient effectué un stage en juridiction, 148 hors juridiction, 90 avaient travaillé dans le secteur privé, 56 dans le public. 79 ont été assistants de justice. 

  • 82% des admis à l'ENM ont eu un Master 2.

Les objectifs de la réforme des concours de l’ENM, effective en 2020 ?

La réforme des concours d’accès à l’ENM a pour objectifs:


  • d’actualiser les programmes, 

  • de privilégier les épreuves permettant de vérifier les capacités de raisonnement des candidats,

  • de favoriser une certaine diversité des parcours universitaires à travers les options à choisir au moment de l’inscription, 

  • de prendre davantage en considération le statut de professionnels en exercice des candidats des 2e et 3e concours ENM.


« Il s’agit d’une réforme consensuelle : elle a en effet été construite avec le monde universitaire, la magistrature, les auditeurs de justice, le jury des concours d’accès et les organisations syndicales », énonçait Emmanuelle Perreux, directrice adjointe de l’ENM.


Quelles sont les épreuves du concours d’accès à l’ENM ?

Le concours a été remanié pour la session de 2020. 

Cette réflexion sur la réforme du concours a été initiée en 2016, afin de le rendre plus accessible (le programme devient humainement possible à réviser entièrement), et plus centré sur la réflexion des candidats à la profession de juge. 


Le premier concours de l’ENM


Les épreuves d'admissibilité comportent deux dissertations de 5 heures, coefficient 4 :


  • Connaissance et compréhension du monde contemporain - depuis 2020, le jury précise qu’il doit s’agir d’une réflexion personnelle, afin d’éviter les plans types des prépas retrouvés chaque année dans cette épreuve. 


  • Droit civil et procédure civile OU droit pénal et procédure pénale (au choix du jury).  Avant la réforme, il y avait deux dissertations (une de droit civil et procédure civile, et une de droit pénal et procédure pénale), et les coefficients étaient de 3. 


Un cas pratique de droit civil et procédure civile OU droit pénal et procédure pénale (sur l’autre matière que celle de la dissertation), de 3 heures, coefficient 4. Avant la réforme, il y avait deux cas pratiques, de 2 heures, coefficient 1. Il s’agit du plus gros changement !


Une note de synthèse, de 5 heures, coefficient 3. Avant la réforme, il s’agissait d’une épreuve d’admission (qui était la seule épreuve écrite au milieu des oraux !). Allez voir l'article sur les 13 commandements de la prépa Dalloz pour la réussir à tous les coups.


Une épreuve de droit public, de deux questions en 3 heures, coefficient 2. Avant la réforme de l'ENM, l'école de formation pour devenir juge, il s’agissait de « questions à réponse courtes », il y en avait 3 ou 4, et l’épreuve était de 2 heures.


L’admission à l’ENM comporte 5 épreuves : 


  • Anglais, 30 minutes, coefficient 2 (3 avant la réforme). 


  • Droit de l’Union européenne OU Droit international privé OU Droit administratif (au choix du candidat), 25 minutes, coefficient 4. Avant la réforme, il portait sur le DUE et le DIP.


  • Droit social OU droit des affaires, 25 minutes, coefficient 4 (les deux matières étaient au programme avant la réforme). 


  • Mise en situation et entretien avec le jury (30 minutes de préparation de l’entretien + 40 de passage), coeff 6. Cette épreuve n’a pas bougé avec la réforme, 


C’est toujours l’épreuve phare du concours, car elle permet au jury d’évaluer le candidat en tant que futur magistrat. 

  • Epreuve de langue facultative de 30 minutes, coefficient 1 (2 avant la réforme). 

La réforme du 1er concours a donc réduit le nombre d’épreuves, et la nouvelle répartition des coefficients démontre que le jury cherche à rééquilibrer les attentes, qui sont tant au niveau des connaissances juridiques que de la culture générale et de la réflexion personnelle. Les cas pratiques sont faits en 3 heures au lieu de 2, privilégiant ainsi le raisonnement du candidat.

Également, le programme est actualisé (il intègre les règlements amiables, le terrorisme, les droits d’ l’Homme notamment), et plus centré sur les fondamentaux (notamment le droit des obligations).


Les deuxième et troisième concours de l'ENM


La réforme des concours d’accès à l’ENM a différencié les trois concours, afin de mieux coller aux parcours des candidats. Ainsi, les 2e et 3e concours ont également été allégés, puisque l’on passe de 6 à 4 épreuves pour l’admissibilité, et de 5 à 4 pour l’admission. 


L’admissibilité est composée de la même dissertation de culture générale que pour le 1er concours, de deux cas pratiques de 3 heures (coefficient 4) de droit civil/procédure civile et pénal/procédure pénale ; ainsi que d’une note de synthèse


L’admission comporte une épreuve de droit public, une épreuve de droit social OU droit des affaires (25 min, coefficient 3), une mise en situation et entretien avec le jury (comme le 1er concours, mais l’entretien porte sur l’expérience professionnelle du candidat), et une épreuve facultative de langue


Pourquoi passer le concours d’accès à l’ENM ?


Outre le fait de pouvoir intégrer l'École Nationale de la Magistrature et devenir juge, le concours apporte beaucoup.

La préparation permet de s’ouvrir à une nouvelle culture générale, dont le nom prend tout son sens. Il s’agit de s’ouvrir non seulement à la culture juridique et judiciaire, mais aussi politique, historique, philosophique, sociale, etc. Tous les aspects de la société sont étudiés, analysés, et le candidat apprend à réfléchir sur les questions traversant la société. Ce travail permet notamment une meilleure analyse de l’actualité, qui, chaque année, est riche. 


La préparation du concours et le concours en lui-même sont un test d’endurance. Si on compte la préparation jusqu’au dernier jour des oraux, cela se passe sur 15 mois (et encore, sans le covid-19) ! Le candidat apprend donc à garder une motivation et une persévérance sur une longue durée (surtout que la majorité le passe plusieurs fois – 3 fois maximum).


L’envie et la passion du métier sont pour beaucoup dans cette épreuve. 

Il est donc impératif de structurer son travail, permettant de structurer la pensée elle-même (travail qui se fait également à-travers les entraînements aux épreuves). Encore un atout que le candidat embarquera dans sa sacoche au milieu des codes !

Enfin, rien que le fait de survivre à cette tranche de vie rend fier, et cela même si le concours n’est pas en poche. C’est un moment particulier dans la vie du candidat, qui lui aura apporté beaucoup de leçons, dans le positif comme dans le négatif. 


Si vous vous pouvez la question sur le fait de faire une préparation privée ou non, allez voir notre article sur CRFPA : faut-il absolument une prépa pour le réussir ?

Le saviez-vous ? 


  • Les anciennes professions qui présentent le plus le concours (2e et 3e) sont les avocats, juristes, greffiers, professeurs, et les professions du domaine pénitentiaire

  • L’ENM a eu 60 ans en 2019

  • Comme pour l’ENA, Emmanuel Macron menaçait de prendre des mesures mettant en danger l’ENM, ce qui a soulevé des mouvements de colère dans la profession


Marie Kalita


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