CRFPA : comment Léa a cartonné au Grand Oral

Mis à jour : oct. 8

PAMPLEMOUSSE 3 > CONSEILS > ARTICLE 10


Chaque candidat rêve de son succès. Léa a eu 18/20 au Grand oral du CRFPA. Dans son interview, elle nous parle de l’importance du soutien de ses proches, de la force du mental. Elle nous conseille d’aller au Grand Oral en toute confiance. Comment ? Avec une bonne préparation et en partant du principe qu’on n’aura pas réponse à tout ! Découvrez tous ses conseils pour réussir le Grand O ! 🚀

La préparation au Grand’O 


Bonjour Léa, dis-nous, pour préparer le Grand oral, quelle a été ta stratégie ? 

Afin de préparer l’exposé du Grand’O, j’ai uniquement travaillé avec les fascicules fournis par ma prépa. Le programme de révisions étant vaste, je savais que je n’avais pas le temps de m’éparpiller. De mémoire, les fascicules comportaient une trentaine de chapitres. 

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Lire notre article sur le choix d'une prépa ou non pour réussir le CRPFA.

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Et as-tu utilisé une méthode de révision particulière ? 

Oui, j’ai conçu un programme de révisions auquel je me suis tenue religieusement. Je n’allais pas me coucher tant que je n’avais pas appris le nombre de chapitres que je m’étais fixée par jour. 


Plus que l’exposé du Grand’O qui nécessite de restituer les connaissances acquises, c’est la partie culture juridique qui m’inquiétait. L’entretien du Grand’O peut être très aléatoire et le jury peut poser des questions qu’il est difficile d’anticiper. 

J’ai suivi l’actualité durant le mois précédant le Grand’O et me suis procurée un manuel avec plusieurs centaines de questions/réponses. 


Comment tu as géré tout cela mentalement ?

Il faut savoir que notre mental joue beaucoup. J’ai donc éteint mon téléphone, comme pour les écrits, pendant ma période de révisions. 

Je trouve que le fait de voir les commentaires sur les réseaux sociaux et groupes de préparation au CRFPA est assez anxiogène. On a toujours l’impression que les autres ont de l’avance sur nous. Avoir son téléphone près de soi pendant les révisions fait aussi perdre pas mal de temps et de la concentration. 


Toujours concernant le mental, il est primordial de s’entourer de proches qui vous soutiennent. C’est la raison pour laquelle je suis rentrée chez mes parents pendant la préparation au CRFPA. Avoir un soutien moral et pouvoir déléguer certaines tâches de la vie quotidienne aide beaucoup ! 


Ça aide à tenir sur la longueur...

Oui ! N’oublions pas que le CRFPA est un marathon. J’ai commencé la préparation début juillet et ai passé mon dernier oral le 20 novembre. Durant toutes mes études, j’ai été une adepte des nuits blanches avant les partiels. Sur cette si longue période je m’imposais des nuits de 8 heures de sommeil et ai senti une réelle différence. 


Ah oui, on préconise à nos lecteurs de bien dormir ! Le cerveau en a vraiment besoin ! 

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Voir l'"Annuaire des prépa privées au CRFPA"

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Quel est ton meilleur conseil pour ceux qui préparent le Grand’O, Léa ? 

Il faut y croire ! Contrairement aux écrits où nos connaissances sont évaluées, le Grand’O joue beaucoup sur notre mental. 


Il faut comprendre qu’il est impossible de connaître le programme par cœur. On ne peut pas avoir la réponse parfaite aux questions posées lors de l’entretien. 

L’important est d’avoir une bonne attitude, un raisonnement cohérent et de ne pas se laisser abattre si vous n’avez pas les réponses demandées. 

Le jury ne veut pas savoir si vous seriez un bon juriste, car ça c’est le rôle des écrits, mais il veut savoir si vous serez un bon avocat. 

Il faut intérioriser ceci lors de votre préparation. L’apprentissage est important, le mental est déterminant. 


As-tu révisé les oraux en même temps que les écrits ou après ton admissibilité ? 

J’ai commencé à réviser les oraux après les résultats d’admissibilité. J’ai donc eu trois semaines pour préparer le Grand’O. Je ne le conseille pas, c’est très intense ! 


Penses-tu avoir commis une ou plusieurs erreurs lors de ta préparation ? 

J’ai commis l’erreur de commencer trop tardivement mes révisions. Celles-ci ont commencé après les résultats d’admissibilité lesquels sont tombés le 21 octobre. 

Si je pouvais revenir en arrière, j’aurais commencé mes révisions en septembre, une ou deux semaines après les écrits. 


Le Grand’O, Jour J 


Léa, on aime bien poser cette question : comment étais-tu habillée ? 

J’étais vêtue d’un tailleur noir. J’ai délégué toute la logistique du Grand’O à ma mère. Avec un peu plus de deux semaines de révisions, la tenue était vraiment le dernier de mes soucis ! 


Il est toutefois important de se sentir à l’aise le jour du Grand’O. J’ai d’ailleurs hésité à mettre des escarpins puis je me suis ravisée. Je craignais de ne pas faire assez « pro » avec une paire de derbies. Finalement toutes les autres candidates qui sont passées en même temps que moi avaient fait le même choix. 


En arrivant au Grand’O, te sentais tu suffisamment préparée ? 

En arrivant au Grand’O, je ne me sentais pas suffisamment préparée mais j’étais prête à en découdre ! 

Je savais que je n’aurais sûrement pas toutes les réponses aux questions posées mais je n’avais pas l’intention de me laisser déstabiliser. 


As-tu été stressée de passer cet oral ?? 

J’étais assez stressée de passer cet oral, comme la plupart des candidats. Je n’ai pas réussi à trouver le sommeil la veille. 

J’ai été convoquée à 10h45. Le temps de préparation passe très vite. J’étais donc sensée passer à 11h45 mais le temps passe et l’on ne nous appelle toujours pas. 

On nous a finalement annoncé qu’un membre du jury était souffrant et qu’il fallait trouver un remplaçant. J’ai attendu plus d’une heure et quart dans la salle de préparation. C’était déstabilisant et suis finalement passée à 13h.  


Ah, les aléas… Camille en parlait dans son témoignage… Comment as-tu surmonté ce stress le jour-J ?

Heureusement, les surveillants ont été bienveillants et très souriants. Ils nous ont beaucoup aidés à surmonter notre stress pendant cet imprévu. 


As-tu fait la technique d’imaginer le jury sur les toilettes pour dédramatiser l’oral ? 

Non, je me suis plutôt imaginée en vacances après le Grand’O ! 


Quel était ton sujet ?

Mon sujet était « Article L.71 du Code électoral : vote par procuration des détenus et personnes placées en détention provisoire ». 


A la fin de mon exposé, j’ai eu quelques questions en lien avec le sujet comme par exemple la date du droit de vote des femmes ou encore « que pensez-vous du droit de vote obligatoire en Belgique ? ». 

L’entretien a été très sportif, les questions s'enchaînaient à un rythme très soutenu et n’avaient aucun lien les unes avec les autres. Voici quelques questions dont je me souviens : 

“Quelle est la différence entre le travail forcé et l’esclavage ? »,

« Parlez de la Cour de cassation et du contrôle de proportionnalité »,

« Le serment de l’avocat », 

« Le port du voile pendant les sorties scolaires », 

« Définissez la liberté fondamentale selon le juge administratif / le juge judiciaire ». 


Quelle note as-tu obtenu ? 

J’ai obtenu la note de 18. 


WAHOU ! Psartek soeur. T’as cassé le game. Mais que t’es-tu dit en découvrant le sujet ? 

Je me suis dit que j’avais ramené ma valise de codes pour rien puisque j’ai uniquement utilisé le Code pénal pendant ma préparation. 

Je n’ai pensé à rien en découvrant le sujet et ai directement commencé mon brouillon. 


Après réflexion, il est vrai que certains sujets me semblaient beaucoup plus passionnants. J’aurais préféré un sujet en lien avec le droit à la vie privée, le droit à la vie ou encore le droit de grève et la liberté d’expression.


Ah oui, pour taper le 20… Tu pensais avoir réussi ou raté en sortant du Grand’O ? 

J’étais soulagée. Je pensais avoir entre 10 et 13. 


Belle surprise alors. Et le jury a tenté de te piéger ? 

Je ne pense pas que le jury ait essayé de me piéger. Toutefois les membres ont été très insistants quand je ne maitrisais pas une question. Je n’ai pas cédé et essayais d’argumenter le plus possible avec conviction, même si je savais que mes propos ne tenaient pas forcément la route. 


A titre d’exemple, ils m’ont posé des questions sur un arrêt important rendu en août 2019 dont je n’avais jamais entendu parlé. Je leur ai dit « écoutez, je n’ai pas eu connaissance de cet arrêt mais je peux vous parler de cet autre arrêt dont les faits semblent similaires ». 

Le jury n’a cessé de revenir sur cet arrêt de 2019. J’ai donc essayé de comparer l’arrêt avec d’autres arrêts que je maîtrisais. 


Ah oui bien joué, c’est un conseil déguisé ça ! Mais tu ne dirais pas non plus que le jury a été bienveillant avec toi...

Le jury a été totalement neutre. J’avais parfois la sensation d’être lassante à certains moments. Je suis tout de même restée souriante malgré tout. 


Si on peut être lassant et prendre un 18, go ! Et en sortant du Grand’O, quelle est la première chose que tu aies faite ? 

J’ai dormi pendant dix heures ! 

Les festivités n’étaient pas terminée puisque j’avais encore mon oral d’anglais à passer. 



Pour réussir le jour-J, quel est le meilleur conseil que tu puisses donner à une personne passant le Grand’O cette année ? 

Etre souriant et avoir confiance en soi tout en gardant à l’esprit qu’il est normal de ne pas tout savoir ! 


On joue au devin, quels sujets tomberont au Grand’O 2020 ? 

C’est assez difficile d’anticiper ça ! 


Pour ce qui est de l’actualité juridique, il faudra s’intéresser au mouvement de grève inédit chez les avocats suite au projet de réforme des retraites. 


Mille mercis pour tous ces conseils Léa ! Ah au fait, tu lis Pamplemousse ? 

J’ai découvert Pamplemousse Magazine récemment. 

J’aurai aimé avoir accès à la rubrique « conseils » lors de ma préparation au CRFPA et au Grand’O ! 


Antoine Karr


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Retrouvez l’interview de Camille, qui elle, a eu 6,5/20 au grand Oral du CRFPA

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DOSSIER SPÉCIAL : ENQUÊTE SUR LE CRFPA

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