[VIDÉO] "Ma fille a 16 ans elle commence à avoir des seins, c'est parti"- Entretien n°2

Mis à jour : avr. 16


Agnès Naudin est un profil atypique. Vous avez vu le film "Polisse" ? Et bien Agnès est capitaine de police à la fameuse Brigade Territoriale de Protection de la Famille, qui a pour mission d'enquêter sur les viols conjugaux, les viols sur mineurs (incestueux ou non), et les bébés secoués. Elle revient pour Pamplemousse Magazine sur une histoire glauque d'un violeur en série. Mais c'est sa femme qu'elle a détesté..

Attention : certains propos peuvent choquer les plus fragiles.


“Tiens j'ai ma fille elle est là elle commence à avoir des seins ma femme couche plus avec moi bon allez c'est parti”

Agnès Naudin : Bonjour je suis Agnès Naudin, je suis capitaine de police en brigade territoriale de protection de la famille en disponibilité depuis six mois et je suis là pour pamplemousse.


Pamplemousse : Quel est le rôle de BTPF ?

Agnès Naudin : Le rôle de la brigade territoriale de protection de la famille c'est de s'occuper de tout ce qui est en rapport avec les viols et les agressions sexuelles sur les mineurs et les violences conjugales très graves. La majeure partie des activités c'est vraiment les viols et les agressions sur mineurs.


Pamplemousse : Quelle a été ton affaire la plus douloureuse ?

Agnès Naudin : Un monsieur d'une soixantaine d'années qui a violé ses deux belles filles et quand l'une d'elles vient le déclarer en fait on remonte sur 20 ans avec des affaires qui avaient été classées sans suite qui ont toutes été ré-ouvertes. Voilà il avait cinq ou six victimes, de jeunes enfants où il les violait en gros de 5 ans à 15 ans dans des caves ensemble, voilà. Ça, ça a été l'histoire la plus glauque.


Pamplemousse : Tu as eu ce mec là en face de toi ?

Agnès Naudin : Je l’ai pas auditionné, j'ai pas voulu. Celle que j'ai détestée dans cette histoire c'est

sa femme, voilà… Alors elle je m'en suis chargée, j'ai fait tout ce que j'ai pu pour essayer de montrer qu'elle savait qu'elle était au courant et qu'elle ne pouvait pas nier.


Pamplemousse : Elle le savait ?

Agnès Naudin : Elle, elle dira toujours que non. C'est-à-dire qu'elle dira “mes filles ne mentent pas” et en même temps “je ne crois pas ce qu'elles disent”... Bon.


Pamplemousse : Elle n’a pas été considérée comme complice ?

Agnès Naudin : On n’avait pas assez d'éléments pour le démontrer. C'est glauque d'imaginer deux petites filles de 8 ans qui sont dos au mur, voilà, et puis lui qui les sodomise sachant que les deux entendent ce qui se passe et ne disent rien en fait. Ça c'est ce qui fait partie des choses glauques.


Pamplemousse : Les victimes peuvent arriver à pardonner ?

Agnès Naudin : Souvent les enfants, d'ailleurs plus tard en grandissant arrivent autant à pardonner parfois leurs agresseurs mais ils pardonnent rarement aux parents qui ne les ont pas protégé.


Pamplemousse : Comment gérer ça émotionnellement face aux salauds ?

Agnès Naudin : Je médite et je le tourne aussi beaucoup par l'humour. Je suis très cynique. Dans les interrogatoires souvent j’ai des façons de poser des questions où en gros je me fous de leur gueule de façon très polie.


Pamplemousse : Et ça leur permet de parler ?

Agnès Naudin : Souvent ça les énerve et moi j'aime bien quand ça les énerve parce que c'est le moment où du coup, les personnalités se révèlent et puis ça fait un peu monter aussi la pression.


Pamplemousse : Que cherchent-ils quand ils violent ?

Agnès Naudin : Il y a mille réponses à cette question. Il y en a certains qui se rendent pas compte qu'ils violent. Il y en a d'autres qui le font parce que c'est par facilité parce que je pense qu'ils ont un manque d'estime, un manque de confiance et donc du coup bah c'est plus simple hein... Il y en a pour qui, bah tout simplement la femme est un objet, et donc du coup ben voilà tiens j'ai ma fille elle est là elle a 16 ans elle commence à avoir des seins, ma femme couche plus avec moi... Bah allez c'est parti. Il y a tellement de profils différents.


Pamplemousse : 3% des français déclarent avoir été victime d’inceste

Agnès Naudin : Je pense qu'il y en a beaucoup plus. Dans les enquêtes d'opinion là, on en a quasiment, je crois que j’ai entendu la semaine dernière, un sur six. Je pense qu'on est beaucoup plus que ça.


Pamplemousse : Quelles sont les affaires les plus difficiles ?

Agnès Naudin : Ah toutes les affaires dans lesquelles il y a des bébés qui sont morts sont douloureuses, après il y en a qui sont plus frustrantes que d'autres.


Pamplemousse : Pourquoi ?

Agnès Naudin : Parce que parfois la justice ne suit pas.


Pamplemousse : Quand vous rentrez à la maison, vous arrivez à couper ?

Agnès Naudin : Quand on est dans ce genre de brigade, le plus important, c'est le rapport qu'on a au temps. Donc il y a le temps du boulot et quand on rentre chez soi, ça fait partie des moments où justement, on a envie de profiter de sa famille parce qu'on voit des choses qui sont tellement vu toute la journée…



On vous conseille fortement d'aller voir sa première vidéo avec Pamplemousse !


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