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Stress et premiers pas en cabinet : comment survivre (et s’épanouir) ?

  • Photo du rédacteur: La Team Pamplemousse
    La Team Pamplemousse
  • il y a 2 jours
  • 9 min de lecture

Dernière mise à jour : il y a 1 jour


Stress, pression, syndrome de l’imposteur, rythme intense… Les premiers pas en cabinet peuvent être aussi stimulants que déstabilisants. Entre exigences professionnelles et adaptation rapide, comment tenir sur la durée sans s’épuiser ? Anaïs Garcia, sophrologue, vous donne des clés concrètes pour survivre, progresser et s’épanouir dès le début de votre carrière !

anais garcia sophrologue

Sommaire :



Vous connaissez cette sensation ? Celle où votre cœur s’emballe avant un premier jour de travail, où la nuit blanche est inévitable, car vous avez peur de faire mauvaise impression ? Ou pire, quand la peur de l’erreur vous paralyse face à un dossier urgent… Et si on vous disait que ce stress n’est pas une fatalité ?


Les premières années en cabinet sont un parcours du combattant : pression, syndrome de l’imposteur, clients exigeants, horaires démesurés… Pourtant, personne ne vous a appris à gérer ça. Pire : on vous a peut-être même laissé croire que « le stress, c’est normal », voire « un signe que vous êtes à votre place ».


Spoiler : c’est faux.


Le stress chronique n’est pas un passage obligé, c’est un piège qui use votre énergie, votre santé, et votre intérêt pour le droit. Mais bonne nouvelle : des solutions existent, pour les étudiants comme pour les cabinets. Neurosciences, retours d’expérience, outils concrets… Ce guide vous donne les clés pour :


  • Comprendre pourquoi le droit est un terrain miné pour le stress (et ce n’est pas qu’une question de charge de travail) ;

  • Désamorcer les croyances limitantes qui vous freinent (« je ne mérite pas ma place », « demander de l’aide = échouer ») ;

  • Agir avec des méthodes éprouvées (sophrologie, gestion du temps, résilience), y compris si vous êtes manager et voulez protéger vos équipes.


Prêts à transformer votre rapport au stress ? C’est parti.


softskills growth vs fixed mindset

Pourquoi le droit est-il un terrain miné pour le stress ?


Le choc de la réalité : premiers pas en cabinet ou en entreprise


Les premières années de barre ou d’intégration comme juriste sont parfois synonymes de désillusion post-diplôme.


« On nous vend le prestige, pas les 70 heures par semaine et les clients toxiques » confie Marie, 27 ans, avocate depuis un an et débordée par les urgences à traiter.

La culture irréaliste du « toujours disponible » de certains cabinets d’avocats entre rapidement en conflit avec les attentes de liberté de la nouvelle génération. Leurs études (enfin) terminées, le CAPA en poche et leur serment prêté, ils aspirent enfin à acquérir plus de pouvoir de décision sur leur quotidien.


Imposer à un jeune juriste ou un avocat débutant de travailler 100 % en présentiel alors qu’une partie de son travail peut s’exercer ailleurs, peut faire naître en lui une grande frustration, qu’il peut avoir du mal à exprimer à son manager, ce qui constitue un frein réel à son efficacité (et donc à son nombre d’heures facturées). 


À peine sortie de l’école des avocats, les jeunes juristes peuvent se voir confier trop tôt de grandes responsabilités. D’abord synonyme d’excitation et d’épanouissement professionnel, cette hyper-responsabilisation précoce peut faire naître une peur de la faute professionnelle qui le paralyse ou force son manager à le surcontrôler.


Ces facteurs de stress dans les premières années de travail des juristes et avocats sont bien connus et vécus par nombre d’entre eux, mais ils sont rarement abordés en amont. Pourtant des solutions existent, à la fois pour eux et pour les cabinets et entreprises qui les emploient.



Solutions pour les étudiants et jeunes professionnels


Le stress chronique est un fléau, car aucun organisme vivant ne peut le supporter dans la durée. Aucun.


On croit, à tort, que réguler son stress est un besoin superficiel, qu’il s’agit d’un caprice ou d’une aversion à la difficulté. C’est une croyance absolument erronée que nous allons debunker. Le stress chronique paralyse notre corps par une réaction psycho-neuro-endocrino-immunologique : le corps se fige dans un état d’hypervigilance.


Résultat ? Il nous empêche d’accéder à notre mode mental adaptatif (ou préfrontal) qui est la seule partie de notre cerveau compétente pour trouver des solutions et adopter des comportements utiles en situation complexe, situations qui ponctuent pourtant toutes les journées des juristes et avocats.



Outils concrets pour gérer le stress au quotidien


Premier outil à mettre en place : une respiration physiologiquement utile. La pratique quotidienne de la cohérence cardiaque a démontré ses effets sur la réduction des hormones du stress et l’installation d’une impression générale de calme (qui témoigne de l’accès retrouvé au mode mental adaptatif).


Pour cela, il vous suffit d’inspirer et d’expirer en dix secondes (soit six cycles respiratoires complets par minute) ce qui déclenche le baroréflexe (réflexe cardiovasculaire modifiant la fréquence cardiaque pour assurer la régulation à court terme de la pression artérielle).


Des applications gratuites peuvent vous aider à vous lancer (comme Respirelax+) mais pour tenir sur la durée rien de tel qu’un dispositif adapté (comme la ceinture respiratoire Néoflo).


La pratique de la sophrologie permet de réguler le stress quotidien et de développer ses ressources pour mieux faire face aux difficultés de la vie. C’est le cas avec la pratique de mouvements simples (comme des étirements ou des enroulements du dos), de techniques d’expiration accentuées (pour évacuer les tensions) mais également de visualisation positive pour préparer vos rendez-vous à enjeu important.


Gérer son temps est également essentiel. La matrice d’Eisenhower peut vous aider en vous permettant de séparer au sein de votre to-do list :


  • Ce qui est important et urgent, à faire aujourd’hui ;

  • Ce qui est important mais pas urgent, à planifier ;

  • Ce qui est urgent mais pas important, à déléguer ;

  • Ce qui n’est ni urgent ni important, à abandonner.


Le piège majeur auquel tous les jeunes juristes sont confrontés ? Le perfectionnisme.

Relire ses conclusions à tête reposée est utile. Les relire 20 fois d’affilée, en pleine nuit, ne vous offrira en revanche pas grand-chose, si ce n'est d'ajouter potentiellement des erreurs.


Pour gérer son stress au quotidien, il est également utile de renforcer sa résilience émotionnelle.


Plusieurs outils ont montré leur efficacité pour cela :


  • le journaling (écrire pour évacuer le stress) ;

  • et la défusion cognitive (ne pas s’identifier à ses échecs).


L’application Jardin Mental, et notamment sa fonctionnalité « Beck » (pour les colonnes de Beck, outil structuré utilisé en thérapie cognitive pour identifier et modifier les pensées automatiques négatives) est très efficace pour remettre en question ses pensées limitantes.



Construire un écosystème de soutien


Nous venons de le voir, il est primordial d’oser demander de l’aide ! D’abord auprès des personnes qui vivent ou ont vécu la même situation que vous : vos camarades de promotion, vos collègues, vos enseignants, vos maîtres de stage, vos confrères et consœurs…


Rejoignez les collectifs et autres groupes de parole, ainsi que les commissions de votre Barreau. Saisissez les propositions faites par votre école d’avocats, comme le module dédié à la gestion du stress et la préparation mentale au CAPA que je dispense chaque année à l’EDARA.


Enfin, si votre difficulté à demander de l’aide est trop grande, appelez les lignes d’écoute anonymes comme : Cnaé, Crous, Nightline pour les étudiants, Croix-Rouge, SOS Crise pour les juristes et avocats, ou bien les lignes d’écoute mises en place par votre Barreau.


Cherchez et trouvez un mentor : un ancien étudiant qui vous inspire, un professionnel que vous admirez… Pouvoir échanger régulièrement avec une personne de confiance se révèle très utile dans les moments de doute ou de décisions importantes.


En plus d’un mentor, cherchez et trouvez des modèles inspirants :


  • des avocats qui exercent en étant « bien dans leur robe ;

  • des avocats ou juristes qui exercent différemment : par l’amiable, par la surspécialisation, en communiquant efficacement sur LinkedIn... ;

  • des avocats ou juristes qui ont changé de voie.


Enfin, soyez ferme dans la répartition de votre temps : bloquez des plages de travail en solo, en équipe, mais également des plages de repos et de ressourcement.


Choisissez quand vous êtes disponible et quand vous ne l’êtes pas, en vous rappelant qu’être disponible pour tout le monde, tout le temps, c’est en fait être disponible pour personne (et surtout pas pour vous-même !).

Mais vous, jeunes avocats ne pouvez pas tout porter seuls. Les cabinets et les managers ont aussi un rôle clé à jouer, surtout avec une génération Z qui attend bien plus qu’un salaire ou une rétrocession.


Ce que les managers doivent comprendre


Les attentes des juristes de la génération Z


Les nouveaux et futurs juristes ont besoin de sens et de transparence. Ils veulent constater et comprendre l’impact plus global de leurs missions, et celles du cabinet ou de l’entreprise pour laquelle ils travaillent. Ce sont notamment les bénéfices offerts par les entreprises à mission, comme SKOV Avocats, et qui permettent à leurs membres de rendre pratique leur promesse d’exercer avec conscience et humanité.


La recherche de liberté dans l’exécution du travail est également une forte demande de la nouvelle génération de juristes et d’avocats. Tout en maintenant la qualité attendue de leur travail, ils ont besoin d’adapter leurs horaires à leurs besoins personnels et familiaux.


Ils attendent également que leur entreprise ou leur cabinet favorise leur bien-être en proposant notamment des séances de sophrologie en entreprise, des salles de sieste ou des cours de sport sur site.



Enfin, les futurs talents ont besoin de feed-back. Troquez l’inefficace technique du sandwich (un point positif, un point négatif, un point positif) par l’inégalable technique du hamburger :


  • Pain du dessus : validez la disponibilité de la personne auprès de qui vous partagez votre feed-back ;

  • Fromage fondu : rappelez qu’il ne s’agit que de votre point de vue ;

  • 3 steaks : soulignez 3 points positifs dans sa prestation ;

  • Salade et tomate : ajoutez 1 chose à faire la prochaine fois en soulignant le bénéfice pour la personne : « Et, de manière à te permettre de [bénéfice], je te propose de … » ;

  • Pain du dessous : terminez en mettant en avant le talent principal de la personne.


Encouragez également une culture de la reconnaissance en soulignant tout ce qui fonctionne bien. 3 clés pour que cela fonctionne :


  1. L’honnêteté : la reconnaissance doit être sincère et pas forcée ;

  2. La précision : elle doit être contextualisée et liée à une action précise ;

  3. La régularité : vous pouvez par exemple mettre en place une « flash réunion » tous les vendredis matin afin que chaque membre de votre équipe puisse exprimer sa reconnaissance auprès d’un autre membre de l’équipe sur la semaine écoulée.


Comment adapter votre management ?


Le management n’est pas une compétence théorique. Il s’agit d’une compétence qui s’acquiert en pratiquant et en acceptant de s’investir soi-même humainement, dans le respect de ses limites.


La clé d’un excellent management est donc de développer ses soft-skills. Les soft-skills sont les compétences psychosociales transversales, génériques et interdisciplinaires, qui permettent d’améliorer votre relation à vous-même et aux autres. C’est le cas de l’intelligence émotionnelle, de la gestion du stress, de la confiance en soi et de l’intelligence relationnelle, les 4 formations que je dispense aux avocats et juristes.


Repensez l’évaluation de vos équipes en intégrant des critères de bien-être et d’épanouissement.

Pour cela, vous pouvez interroger régulièrement vos équipes sur leur ressenti et leur niveau d’énergie, à travers un baromètre du stress anonyme et la mesure des critères d’épuisement professionnel.


Encouragez une culture de la prévention en mettant en place plusieurs initiatives :


  1. Formalisez un droit à la déconnexion (pas de mails après 19 h par exemple) ;

  2. Organisez des « journées sans dossier » pour que chacun puisse investir dans sa formation soft-skills, des projets collaboratifs et du mentorat entre collègues ;

  3. Organisez des ateliers mensuels de sophrologie en entreprise pour réguler le stress professionnel ;

  4. Proposez un « parrainage bien-être » où un sénior écoute et partage ses astuces à un junior.


Changer les choses demande un effort collectif, mais les bénéfices sont immenses : moins de turn-over, plus d’innovation, et des avocats épanouis. Alors, par où commencer ?



Le stress n’est pas une fatalité – et vous avez le pouvoir d’agir


Vous l’avez compris : le stress en droit n’est pas une preuve de compétence, mais un signal d’alerte, comme un voyant rouge sur un tableau de bord.


Ignorer ce signal, c’est risquer l’épuisement, la désillusion, ou pire… l’abandon d’une carrière que vous aimez.

Heureusement, chaque petit pas compte :


  • Pour les jeunes avocats : la cohérence cardiaque, la défusion cognitive, ou même oser demander de l’aide (oui, c’est un superpouvoir) peuvent changer la donne ;

  • Pour les managers : un droit à la déconnexion, des ateliers sophro, ou un simple « Merci pour ton travail » sincère… Ces gestes créent des équipes résilientes.


Le vrai défi ? Passer à l’action. Car comme le rappelle Marianne, 44 ans, avocate en droit social : « Le droit, c’est 10 % de théorie et 90 % de pratique. La gestion du stress, c’est pareil. » :


  • Jeunes professionnels : vous en avez assez de subir votre stress ? ;

  • Managers : vous perdez des talents à cause du burn-out ?



Prenons le temps d’en parler par téléphone. Parce que le droit a besoin de professionnels épanouis… et que ça commence par vous

 
 
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