12 conseils d'un chargé de TD pour gratter des points lors d’un commentaire d’arrêt

Mis à jour : nov. 15

PAMPLEMOUSSE N°1 > CONSEILS > ARTICLE 3

Comment réussir le commentaire d'arrêt ? Après avoir hésité 15 minutes devant ta copie, tu vas, étudiant en droit, choisir le commentaire d’arrêt... et tu auras besoin d’aide pour ce partiel. Je ne reviendrai pas sur la méthodologie qui varie selon les universités et les professeurs. En revanche, tu vas recevoir mes 12 conseils sous forme de commandements, moi chargé de TD, pour gratter des points, ou du moins ne pas en perdre… 🎓

Conseil 1. Tu ne mettras point de « en l’espèce » dans ton commentaire d'arrêt


Comme tu l’as remarqué, tu fais un commentaire d’arrêt et non un cas pratique. Le « en l’espèce » introduit un syllogisme. Or là, tu ne fais pas de syllogisme, tu vas analyser une décision de justice. Alors tu gardes ton « en l’espèce » pour plus tard.



Conseil 2. Tu ne perdras point de temps


Regarder les mouches voler c’est sympa, mais tu as peu de temps pour réaliser ta copie. Tu dois gérer ton temps, garder un certain équilibre entre tes parties. N’oublie pas, étudiant en droit, que le cœur de ton devoir c’est le I-B et le II-A. Néanmoins, ce n’est pas une raison pour transformer ton I-A en extension de ton introduction ou encore sacrifier ton II-B (t’inquiète, on y viendra plus tard).


Tu dois aussi prendre le temps de te relire. Oui, ton cerveau est cramé, oui tu es au bout de ta vie, oui ce seront les vacances quand tu franchiras la porte de sortie de l’amphi mais si tu veux valider, relis ton commentaire d'arrêt.


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Conseil 3. Tu n’écriras point comme un goret ton commentaire d'arrêt


Tu soignes la forme. Dis-toi que ton correcteur a une centaine de copies à corriger et qu’il a peu de temps pour le faire, donc faut pas le saouler. Si tu écris mal, si tu ne sautes pas de ligne, si tu n’aères pas ta copie, tu vas l’énerver, et il ne te laissera rien passer.


Conseil 4. Tu ne commenteras point les faits de l'arrêt


C’est une situation fréquente dans les commentaires d’arrêt, l’étudiant commente tranquilou-bilou les faits en faisant semblant de les analyser. Diantre, arrête-toi ! Les faits c’est dans l’intro, après OSEF.


Tu fais un commentaire d’arrêt ! Ton correcteur s’en fiche de la vie de Mme X avec sa chaudière qui a explosé et ce qu’elle faisait avec. Et franchement, tu veux vraiment connaître toute l’histoire ? Oui, un peu quand même !? Là n’est pas la question. Dis-toi que les faits ne sont qu’un prétexte pour te faire analyser l’appréciation d’une règle de droit.


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Conseil 5. Tu ne recopieras point le contenu de l'arrêt


Pourquoi veux-tu recopier le contenu de l’arrêt ? Un article ? Penses-tu que cela ait un intérêt pour ton correcteur ? Et bien, non.


Ton correcteur a la décision, il a un code et d’une manière générale, connaît toutes les dispositions (sans exception) dans le Code afférent à sa matière. Évidemment, c’est inné chez nous, les chargés de TD. En revanche, il est un peu bête, donc tu dois tout lui expliquer…



Conseil 6. Tu ne paraphraseras point les propos du juge


Bah oui, c’est bien beau de ne pas commenter les faits, mais faut pas non plus reformuler les propos de la juridiction en donnant l’illusion que tu as tout compris. Ça, tu vois, ce n’est pas de l’analyse. C’est, au mieux, du vent. Quand tu paraphrases, ton correcteur se dit justement que tu n’as rien pigé.


Faut ANALYSER, comme quand tu commentes la vie secrète de tes chargés de TD ! Il faut un bon gros niveau d’analyse avec tout ce que tu as appris sur le sujet mais attention, tu peux tomber dans un autre écueil.



Conseil 7. Tu ne disserteras point


Tu ne vas pas non plus gaver ton correcteur à disserter sur le sujet et commencer à sortir tout ce que tu sais sur le sujet en mode gros étalage de connaissances. Il faut cibler ! Rien de pire que de lire des copies pavées. Tu dois rester dans les rails, tu analyses une décision, un attendu de principe et tu peux même le critiquer. N’oublie pas que critiquer, ça peut être dire du bien.



Conseil 8. Tu ne sacrifieras point ton grand II-B


Trop de sang, de souffrances, de sacrifices sur l’autel du temps (au mieux). Le II-B est innocent. Tu aimerais que ta copie soit le grand II-B de ton correcteur ? Bah non. Donc tu la joues cool, tu peux aller vers une légère ouverture, si tu n’as vraiment rien à dire.


Voir tous ces II-B sacrifiés me fait souffrir, vraiment. Un peu comme quand tu te lèves la nuit et que tu cognes ton orteil sur un meuble, ça fait mal.



Conseil 9. Tu ne diras point « une solution contestable »


Là encore, on l’a tous fait et nous d’abord #PremiersTD, dédicace à mes anciens étudiants. Mais maintenant, nous valons mieux que cela, nous savons maquiller un titre pour qu’il soit pêchu, digne de nous.


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Conseil 10. Tu ne feras point dans l’originalité


Tu dois être classique. Déjà, évite la copie arc-en-ciel. Rappelle-toi que les copies sont anonymes. Mettre trop de couleurs rend ta copie identifiable.


Et surtout, tu suis la méthodologie de ton prof. Oui je sais, c’est relou, ça change selon les semestres, les matières… gna gna gna. Mais tu t’adaptes ! (Comme le fait ton chargé de TD…). Tu appliques les consignes distillées durant le semestre !



Conseil 11. Tu n’oublieras point les petits plus qui font la différence


Tu ne dois pas oublier les petits chapôs qui vont bien, les petites transitions aussi. Faut pas brusquer ton correcteur, il a le cœur fragile. Faut que tu l’accompagnes, tu dois le prendre par la main (c’est une image !). Tu annonces tes idées clairement, tu ne lui fais pas de mauvaise surprise. Évite surtout les « suspens » inutiles, annonce la couleur d’entrée de jeu. C’est mieux.



Conseil 12. Tu ne feras point les fautes courantes


Tu dois faire attention à des petites fautes qui agacent, il faut dire « consentement exprès », il n’est pas possible de « palier à quelque chose » mais de « palier quelque chose ». Tu n’écriras pas Mr X, déjà car il n’a rien à faire là, mais surtout Mr renvoie à Mister. Monsieur s’écrit « M. », tu as compris ? Je n’en peux plus de voir cette faute. Enfin, tu ne diras pas « malgré que » parce que ça ne se dit pas et c’est horrible. Enfin, tu caseras un petit « nonobstant » des familles car ça fait chic.




Voilà, ce sont des petits conseils basiques, j’aurais pu ajouter de ne pas mettre de verbe dans tes titres, mais il existe des enseignants qui les acceptent (oui, j’ai des noms…). Et surtout, tu écoutes ton chargé de TD car (en règle générale), il est de bon conseil.


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Nicolas Ribes




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image: @victorfreitas

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