[Concours d’éloquence] Mes conseils pour arriver en finale (témoignage)

Mis à jour : nov. 10

PAMPLEMOUSSE N°2 > LIFESTYLE > ARTICLE 20

Pour faire flamber votre CV, rien de tel que de décrocher une médaille à un concours d’éloquence. Vous savez, ces challenges un peu (complètement) stressants, où personne n’est formé pour réussir... mais qui vous font grandir à une vitesse folle ? Bérénice, timide L1, est arrivée en finale et nous livre ses conseils pour participer à un concours d’éloquence. 👄

Ah les concours d’éloquence ! En tant que petits rats du droit, nous avons tous déjà entendu parlé. Personnellement, cela m’a toujours fait rêver : bien parler, bien s’habiller, se faire entendre, être drôle. Mais je me suis toujours posé la même question et je pense ne pas être la seule :


Un concours d’éloquence, est-ce que c’est seulement savoir argumenter avec facilité ?


Et bien, c’est en tant qu’étudiante en L1 à Poitiers que j’ai décidé de participer à ce concours (sur un coup de tête hein^^) pour vérifier la réponse à cette question existentielle.


C’est ainsi que grâce à cette aventure digne de Koh Lanta (puisqu’à la fin, il n’en restera qu’un !)…




… J’ai entendu tout un tas de bêtises qui m’ont bien écorché les oreilles. Alors, moi, grande timide, mais tout de même finaliste, je me suis dit : Prenez votre pamplemousse à deux mains, brisez le silence et rétablissez la vérité !

Alors, si vous aussi vous voulez tenter votre chance en éloquence et prouver que tous ces clichés, c’est du pipeau, alors go go go !



Les info/intox sur les concours d’éloquence


« Les timides ne peuvent pas concourir aux concours d’éloquence »

INTOX


Non, non et non, ce ne sont pas les étudiants en droit qui posent les questions en amphi et qui se portent volontaire (on n’est pas dans Hunger Games non plus… ou presque) pour aller inscrire leur plan de droit des obligations au tableau qui brillent au concours d’éloquence -> parole de grande timide!

Si ça peut rassurer, je suis de l’espèce des timides, ou des grands peureux (comme un publiciste devant un code de procédure civile par exemple). C’est-à-dire que, jusqu’ici, je n’avais jamais réussi à m’imposer.

Mais je tiens à ce que la vérité soit dévoilée : oui, tout le monde peut participer, tenter sa chance et ce, même en étant hyper timide (j’ai de petits conseils tout au long l’article, c’est cadeau 😉).


« Ceux qui réussissent sont les moins stressés »

INFO


Seuls les personnages de fiction ne stressent pas. Pour moi, le stress est un élément essentiel dans chaque chose qui nous challenge. Ce moment où tu sens que le moment approche, que tu n’écoutes plus tes concurrents parler, trop absorbé par tes pensées, tes peurs, ton texte… Ce stress qui te fait trembler le corps et la voix. Le plus dur, après l’écriture de ton texte, c’est de savoir dompter ce stress, mais pas de le supprimer totalement : cette anxiété, c’est ce qui permet de vous améliorer, de vérifier chaque détail et cela de la simple rime jusqu’au bouton de votre veste. Alors, ne le renie pas mais apprend à le gérer !

Pour cela, je conseille la respiration, en fermant les yeux : faire le vide, ne penser à rien, et surtout croire en soi.



« Un texte drôle qui répond au sujet et le tour est joué ? »

INTOX


Un des principes pour gagner un concours d’éloquence, selon moi, c’est de susciter de l’émotion chez le public et le jury. Mais cette émotion regroupe beaucoup de choses en réalité : il faut arriver à convaincre, à frapper, à faire pleurer (pour les plus forts d’entre nous), mais aussi à faire rire. Souvent, le rire peut être un moyen de relativisation face à certains faits touchants, marquants, ou même alarmants. Mais c’est en ce sens qu’il faut savoir utiliser l’humour à bon escient : vous pouvez en effet choisir de susciter le rire afin de faire passer un argument honteux comme acceptable. Mais faites attention alors à ne pas trop en rajouter, car cela priverait le texte de toute crédibilité ! Convaincre passe par un fond sérieux, le vrai.


Ça vous sera utile aussi si vous concourrez à un trophée juridique pour changer le cours de votre carrière.


« Genre le langage courant, ça passe crème, nan ? »

INTOX


Info vérifiée et revérifiée encore par le ministre de l’Académie française (oui j’invente un ministre je suis comme ça) : évitez l’utilisation du langage familier et les tiques de répétition. Sont à bannir les « genre » « ou pas », ou encore le très aimé « du coup »… L’éloquence est un exercice complexe et difficile, il ne s’agit pas de parler tel un comte du XVIIIe siècle, mais quand même ! Et si vous ne trouvez pas les mots, que vous vous répétez, le meilleur conseil est d’ouvrir tout simplement une page de synonymes, d’antonymes ou de rimes et le tour est joué !

Même si ça a l’air plus facile à dire qu’à faire, croyez-moi, le plus dur c’est de se lancer !


« Le potpourri de rimes et de blagues, ça marche à tous les coups »

INTOX


Bon, qu’on se mette d’accord : un concours d’éloquence, ce n’est pas un championnat de rimes et de blagues vaseuses.

Le plus important, c’est de doser :

Recette 2.0 : écrivez un texte cohérent (et un peu glamour), ajoutez une pincée d’humour, le tout avec un zeste de subtilité et le tour est joué !


__ Lire aussi L'interview totalement folle de Bertrand Périer, expert de l'art oratoire

__


« Se gargariser en toute simplicité ! »

INFO


La diction, l’articulation, sont les clés pour être compréhensible. Avec le stress, il est facile de s’emballer, de manger des mots, de perdre son souffle. C’est normal et je pense que c’est du bon stress, mais il faut apprendre à le gérer. Pour ça, rien de mieux qu’un bon coup de vitamines, d’un chamallow dans la bouche et hop c’est parti !

Les chaussettes de l’archiduchesse sont-elles sèches, archi sèches ?

Je veux et j’exige d’exquises excuses

Si ces six saucissons-ci sont à six sous, ces six cents saucissons-ci sont à six cents sous

Répétez à voix haute à la BU ou au micro de l’amphi et envoyez vos vidéos à magazinepamplemousse (at) gmail.com.


« Il faut gesticuler comme un âne pour être bon au concours d’éloquence »

INTOX


Le langage corporel est aussi important que le texte, c’est un fait. Cela fait partie de l’attitude : il ne suffit pas de lire son texte, il faut le vivre, le sentir, le bouger, mais sans en faire trop !! On ne vous demande pas de mimer, on vous demande de convaincre. Et si vous n’êtes pas à l’aise devant un pupitre et bien déplacez-vous si vous le pouvez (demandez un micro portatif par exemple) ! Mais ne ressemblez pas à un pitre ambulant, cela ne servira pas à grand-chose à part distraire l’auditoire qui ne fera même plus attention à vos propres mots.


« Faire lire son texte à ses proches, c’est fastoche ! »

INFO


L’entourage est le meilleur des conseillers : pour être passée par là, cela peut être assez frustrant de ne pas garder son texte, de ne pas pouvoir le dévoiler au grand jour le fameux soir du concours. Mais je peux vous assurer que cela peut permettre d’éviter les contresens, les hors sujets, les répétitions etc… Alors, faites-le lire si vous pouvez à quelqu’un de totalement extérieur au monde impétueux qu’est celui du droit !

L’étape du brainstorming que l’on évoquera à la fin de l’article est une étape qui peut manifestement (pour moi, cela doit) se faire lorsque l’on est entouré : quand vous recevez votre sujet, demandez à votre entourage ce qu’il en pense, comment il comprennent votre point de vue, de quelles manières il envisage une réponse, etc…


« La loi stipule (même en l’écrivant j’ai mal)

INTOX


Bon ça n’a rien à voir, mais j’étais obligée, pour éradiquer les irréductibles Gau-law-a :

La loi DISPOSE, le contrat STIPULE. C’est tout^^


« Sappé comme jamais, la clé du succès »

INTOX


Comme le langage corporel, la tenue (on ne va pas se mentir) c’est aussi important, mais on ne vous demande pas de débarquer comme une diva à la Fashion Week non plus. Cette tenue est la première chose que l’on voit chez une personne. Si vous n’êtes pas à l’aise en robe, en talon, ou en costume, alors privilégiez les habits simples, dans lesquels vous vous sentez à l’aise puis rajoutez une touche classe : un ruban, un foulard, ou même une paire de boucles d’oreilles, ça peut faire la différence !.




Comment préparer et réussir son concours d’éloquence ? 😉


Bon, maintenant si vous rêvez comme Me Dupont-Moretti que l’on vous acclame tel un meneur de foule dans un stade bondé, ce ne sera peut-être pas le cas tout de suite … Mais voici d’autres tips pour vous aider à briller, tel un cours jaune fluoté ! Et surtout voici de bons petits trophées qui vous permettront d'ouvrir le plus de perspectives d'avenir.


Réalisez un bon brainstorming


Je pense que c’est l’étape la plus importante et la plus enrichissante. Elle passe non seulement par l’écriture de tout ce qui vous vient par la tête dès que vous recevez votre sujet, mais aussi par la lecture d’articles, la visualisation de films en rapport avec le thème (si vous avez le temps), la recherche de citations, d’expressions, de blagues etc… C’est THE étape pour remplir au maximum la matière de votre texte, de la forme jusqu’au fond. Une fois que vous avez décortiqué votre sujet, mot par mot (je dis bien TOUS les mots), vous pouvez alors vous attaquer à la réelle réflexion concernant le fond.


Trouvez les bons points à traiter dans sa plaidoirie


C’est selon mon expérience, l’étape la plus compliquée : celle qui vous fait vous sentir dans tous tes états, car vous venez remettre en question vos arguments, parce que vous vous rendez compte qu’ils sont hors-sujet, ou parce qu’ils pourraient être mal interprétés… Le tout ici, c’est d’être LOGIQUE : il faut se répéter le sujet. Exemple : la banane est-elle un fruit comestible ? Réponse imposée : NON.

Ici, il faut se demander pourquoi la banane n’est pas un fruit comestible ? Pourquoi il serait faux d’affirmer pareille chose ? Comment démontrer que l’être humain ne peut manger cet aliment ? etc…

Il faut en réalité essayer de reformuler la question et de trouver des arguments solides qui répondent parfaitement à cette dernière (Attention tout de même à la reformulation-déformation, qui peut conduire à un hors sujet…).


Choisissez une forme et un style adaptés


Ici, on va parler du rythme du texte, ce qui est aussi (décidément il y en a beaucoup) un des points trèèès important du texte : c’est ce qui va rythmer votre respiration, vos temps forts et vos moments de suspens. En ayant vos différents arguments, vous pouvez par exemple découper votre texte en paragraphes.

Pour le style, tout dépend de vous et de votre sujet : si vous avez une question sérieuse, le fond devra être impeccable, mais avec des traits d’humour qui seront très appréciables. Inversement, un sujet de nature drôle devra être aussi ponctué par des jeux de mots, mais surtout devra être démontré avec des arguments solides, pour prouver au jury que même un sujet amusant peut soulever de vraies problématiques !


Attaquez le travail de rédaction de votre plaidoirie


La rédaction diffère selon les esprits : elle peut être effectuée sous le coup de l’inspiration (personnellement mes textes sont écrits en 2h de temps et sont modifiés un peu tous les jours, à chaque fois que je relis mon travail) mais aussi par petits bouts, par idées, par paragraphes etc… Le tout est que cela suive une ligne directrice, que cela colle au maximum au sujet et surtout que cela reflète votre personnalité, vos envies. Ce texte, c’est le vôtre.


Relisez, modifiez, réécrivez


La dernière étape pour un texte parfait… la RELECTURE.

Mise en situation réaliste (si, si je vous assure) : vous êtes en partiel de droit administratif, il vous reste 5 minutes et vous vous rendez compte que vous avez écrit « 8 février 1873, Décision Correcteur » au lieu de « 8 février 1873, Décision Blanco ». OK là c’est THE faute, il faut corriger ça. Et bien un texte d’éloquence c’est pareil, il faut que chaque mot soit bien placé, dépecé et même décortiqué pour que tout pèse parfaitement dans la balance.


Bien-sûr, tous ces conseils ne tiennent qu’à ma petite expérience, et il existe beaucoup de méthodes complètements différentes, mais si je peux aider un petit juriste en détresse, alors autant en faire profiter !


Puis finalement en y réfléchissant bien, un concours d’éloquence c’est avant tout…

  • Très bien sur un CV

  • S’affirmer à l’oral

  • Se préparer aux oraux de concours

  • Prendre confiance en soi

  • Gagner de la rigueur à l’écrit


Et oui, ça permet tout ça, alors n’hésitez pas !



Bérénice Doyette




PLAYLIST MUSICALE ET PODCASTS D'UN ÉTUDIANT EN DROIT


COMBIEN NOS PROFESSEURS DE DROIT SONT-ILS RÉMUNÉRÉS ?





Nos derniers posts

NOUS SUIVRE

  • Instagram
  • Facebook
  • Twitter
  • YouTube