CRFPA : Prépa privée ou non ? 3 candidats nous expliquent leur choix

PAMPLEMOUSSE 3 > ORIENTATION > ARTICLE 12

Chaque année, des centaines de candidats au CRFPA se posent la question : dois-je faire une prépa privée en plus de l'IEJ pour augmenter mes chances de réussite à l'examen d'accès à l'école d'avocats ? Nous avons interviewé 3 profils différents : l'un a tenté le CRFPA avec une prépa, un autre sans prépa privée, et un troisième l'a passé une année sans et une année avec. Ces 3 candidats nous expliquent leur choix.✌️

CHLOE a réussi l’examen du CRFPA avec une préparation estivale privée, à distance


Était-ce évident pour toi de passer par une prépa estivale ?

Je me suis posée la question, comme tous ceux qui souhaitent passer le CRFPA je pense ! Je ne pouvais pas suivre la préparation dispensée par l’IEJ à la fac pendant l’année scolaire et je n’avais pas vraiment le temps de me préparer moi-même des cours, un plan etc. Donc pour moi suivre une prépa l’été était nécessaire, non seulement pour avoir des cours structurés, à jour et complets, mais aussi pour pouvoir m'entraîner aux épreuves et avoir des corrections. 


J’ai choisi de tenter le CRFPA directement après le Master 2 aussi. Certains se laissent une année en plus pour le préparer, peut-être que dans cette hypothèse j’aurais pris une prépa semestrielle comme certains ! Mais dans mon cas la question ne se posait pas


Pour avoir une meilleure idée des statistiques sur le fait de faire une prépa ou non, allez voir les résultats de notre grande enquête sur le CRFPA.


Une prépa estivale de préparation au CRFPA, c’est quoi ?

J’ai pris Pré Barreau donc je ne vais parler que de celle-ci. Cette prépa proposait une préparation en présentiel, ce qui implique d’aller dans les locaux de la prépa, faire les devoirs sur table etc., comme à la fac quoi ! Ainsi qu’une préparation en e-learning, donc à distance. 


Et tu as pris quoi ?

Moi, j’ai pris la formation en e-learning parce que les cours se déroulaient à Paris. Beaucoup de prépas se font à Paris. Et prendre un logement à Paris pour 2 mois autant dire que… non haha.


Du coup j’avais accès à une plateforme en ligne, avec laquelle je pouvais accéder à tous les fascicules de cours, épreuves, corrections, mais aussi à toutes les vidéos des cours dispensés en présentiel qui étaient retransmises sur la plateforme. Je recevais aussi tous les fascicules et toutes les épreuves sous format papier par la poste. 


Et comment ça se passait au niveau des entraînements ?

Concernant les épreuves, j’avais une date limite toutes les semaines pour les rendre. Quand j’avais fini, je les envoyais sur la plateforme et je recevais une correction plus tard.


Pour la préparation de l’écrit, chaque semaine était organisée en fonction des cours et des entrainements aux épreuves. Pour la préparation des oraux, il y avait quelques cours, et ensuite on avait quelques épreuves d’entrainement pour l’anglais et pour le Grand Oral.


Concernant ces entraînements, étant donné ma formation était en ligne, les oraux blancs étaient effectués par Visio. Je recevais le sujet peu de temps avant que le correcteur m’appelle et je faisais mon oral ensuite devant cette personne. Ça ne vaut pas un véritable entrainement en réel mais c’est déjà pas mal.


Tu trouves que tu as bien fait de faire une prépa privée ?

Oui c’est certain. Parce que j’avais des cours à jour des actualités et qui entrainaient véritablement aux épreuves du CRFPA. Le rythme imposé chaque semaine m’a aidé pour cadrer mes révisions et mes entraînements et pour arriver à tout finir avant le début des épreuves. 


J’ai aussi beaucoup apprécié avoir les corrections de mes épreuves, mine de rien c’est important de voir ce qu’il faut améliorer ou non. Si on ne suit pas les cours de l’IEJ et si on ne fait pas de prépa, ça me semble compliqué de voir si ce que l’on fait est bien ou non.

Un des points positifs était aussi que les cours étaient à jour de toutes les jurisprudences et actualités. 


Tu avais des bonnes notes à la prépa ?

Cela peut aussi être vu comme un point négatif, mais les correcteurs étaient relativement exigeants. Et les notes n’étaient pas toujours au-dessus de la moyenne (voir jamais dans certaines matières haha). Après cela m’a permis de ne jamais me reposer sur mes lauriers et de toujours essayer de faire mieux la fois d’après.


Tu as l’air de ne pas regretter ton choix. Quid des points négatifs d’avoir eu recours à une prépa privée ?

Au niveau des points négatifs, 

ça peut être un peu démotivant parfois de se prendre toujours des caisses alors qu’on a l’impression d’avoir bossé comme un malade.

Après, il faut savoir prendre du recul là-dessus et se dire que ce ne sont que des entraînements et que les correcteurs sont souvent plus durs dans les prépas que pour le CRFPA en lui-même.

Un autre point que j’ai évoqué avant c’est le prix des prépas. Je pense que ça tourne entre 1000 et 2500 € environ, même si je ne connais pas les prix de toutes les prépas. Donc ça peut être un frein aussi. Après, pour la qualité des cours et des enseignements, je pense que c’est un bon investissement.


Penses-tu que tu aurais obtenu le CRFPA sans cette prépa ?

Sincèrement non. J’aurais peut-être pu m’en sortir au niveau des épreuves de droit des obligations et de l’épreuve de spécialité parce que mes cours de Master 2 recoupaient un peu le programme du CRFPA. Mais en ce qui concerne l’épreuve de procédure notamment, clairement ça s’invente pas et sans cette prépa je n’aurais pas été au point c’est certain. Et ça vaut aussi pour l’épreuve du Grand Oral.


Après je pense que cela dépend de chaque personne. Certains ont besoin d’aller à des cours physiquement pour être mieux encadrés et pour mieux bosser. Moi ça ne me dérangeait pas d’être chez moi, au contraire je pouvais travailler à mon rythme et dans le calme.

D’autres ne prennent pas de prépa également et bossent avec les cours de l’IEJ et par eux-mêmes (avec des livres de cours, des annales, etc.) et y arrivent aussi !


Sortons un peu du cadre : peux-tu nous donner 3 idées d'activités en cas de coup de mou pendant les révisions ?

  • Aller courir et prendre l’air, pour ne pas que vos muscles s’atrophient !

  • Un bon bain de soleil à la piscine (histoire de bronzer un peu pendant l’été)

  • Des apéros avec les copains, pour garder un peu de sociabilité et parce que ça fait du bien 


On est d’accord. Et ta recette magique pour effectuer de bonnes révisions ?

  • 1 kg de Codes,

  • 500g de cours,

  • 3 stabilos,

  • 50 cl de confiance en soi, 

  • 50 cl de patience,

  • Une pincée de fiesta,

  • Du repos, 

  • Et une grosse cuillère à soupe de rage de vaincre !



Merci Chloé !

Merci Pamplemousse !


MAHOUR a réussi l’examen du CRFPA sans préparation privée


Pourquoi ce choix de ne pas opter pour une préparation privée pour l’examen du CRFPA ? 

Lorsque je me suis inscrite à l’IEJ, je venais de commencer mon master 1, les frais d’inscription au total pour les deux formations avoisinaient les 1000 euros, je ne me voyais pas payer une somme supplémentaire et conséquente pour une prépa privée au CRFPA.


J’étais persuadée que mon IEJ (GRENOBLE) me formerait correctement et suffisamment pour que je puisse réussir le concours. La fac de Grenoble a une bibliothèque universitaire avec énormément de ressources. Nous avons aussi accès à des ressources informatiques type DALLOZ, LEXIS360, UNJF. 


Je me suis dit qu’avec toutes ces ressources, je pouvais m’en sortir seule, d’autant qu’en faisant mon M1 (Droit privé – mention droit privé) parallèlement, je savais que certaines matières du CRFPA seraient étudiées en cours d’année.  


Quelle a été ta méthode d’organisation pour les révisions ? 

Étant donné que je préparais mon master 1 simultanément, j’ai eu à apprendre des matières qui étaient également des matières du CRFPA, type procédure civile, droit des contrats spéciaux, droit des sûretés. 

Apprendre ces matières au fur et à mesure de l’année a été un vrai plus je pense pour la réussite de l’examen. 


Pour ce qui est du reste des matières, je me suis essentiellement servie des cours de l’UNJF, la plupart étant actualisés.


Je consacrais mes semaines à mes cours de M1 et je révisais les matières du CRFPA le week-end (le matin surtout, pour avoir les après-midis de libres). 


J’encourage fortement tous les étudiants inscrits aux IEJ à suivre attentivement les cours et à faire un maximum d’examens.


Deux semaines avant le début de l’examen, j’ai décidé de ne plus sortir du tout et de consacrer mes journées aux révisions (9-14, 15-19h). 

Que je réussisse ou que j’échoue, je ne voulais avoir aucun regret et me dire que j’avais donné mon maximum. 

Pour le grand oral, je recommande aux étudiants de suivre au maximum les actualités juridiques et les invite à suivre sur les réseaux sociaux les pages de droit. 


J’ai essayé de lire un maximum de livres, articles de doctrine, commentaires d’arrêt sur les DLF et faire des fiches sur chaque thème. 


As-tu rencontré des difficultés lors de tes révisions ? 

Oui bien sûr. 

Au moment des révisions, m’étant servie essentiellement des cours UNJF, certains cours n’étaient pas à jour des réformes et évolutions jurisprudentielles. Je pense que suivre une prépa m’aurait peut-être mieux préparée à ces matières. 

Également, j’ai rencontré une vraie difficulté en préparant le grand oral. Avec l’IEJ, nous devions préparer des thèmes, et nous les corrigions durant les séances. Il fallait ici se documenter seul, certains thèmes n’étaient pas abordés par l’IEJ. 

J’ai dû pour ma part les faire seule, en prenant une quinzaine de livres à la bibliothèque, en ne sachant pas si ma fiche était assez complète, si elle était trop large, pas assez précise… 

Toi qui n’en as pas fait, que penses-tu des prépa privées pour ceux qui ont du mal à se motiver ?

Je pense effectivement qu’une prépa peut être une bonne solution pour motiver et accompagner des élèves, à condition que ceux-ci soient assidus, travaillent régulièrement et donnent leur maximum.


Quel conseil donnerais-tu aux les futurs courageux qui vont tenter l’examen d’entrée au CRFPA ?

Le seul conseil que j’ai à leur donner est de croire en eux. 

Lorsqu’on nous présente le CRFPA, on nous parle des statistiques qui peuvent très vite effrayer et décourager.

Si les étudiants ont la possibilité de passer le concours, c’est qu’ils ont déjà un parcours universitaire derrière eux, ils ont réussi leurs études et peuvent continuer à réussir. 


Merci Mahour. Allez petite question bonus : quelle est ta recette magique pour effectuer une bonne préparation par soi-même?


La recette magique pour la réussite c’est :

  • un grand verre de travail, 

  • une dose de confiance en soi,

  • et une dose de courage.


LEATITIA n’a pas obtenu la moyenne à l’examen du CRFPA après avoir suivi ses cours à l’IEJ, mais a finalement réussi l’année suivante avec une préparation privée


Raconte nous un peu ton parcours d’études jusqu’ici ? 

J’ai effectué une Licence Droit Fondamental et un Master 1 en Droit des Affaires à l’Université de Poitiers.


Était-ce un choix que de ne pas prendre la prépa à ton premier essai ?  

Pour ma première tentative, je n’étais pas assez informée sur la préparation au CRFPA, j’ai donc pensé que l’option IEJ était suffisante et que les cours qui y sont dispensés suffisaient. Je ne me suis donc pas posée la question de la prépa.  


La prépa dispensée par mon IEJ était complète concernant la matière droit des obligations et pour la note de synthèse. En effet, on avait une note de synthèse à faire quasiment tous les samedis et ça depuis le mois de janvier. Pour ces deux matières, je n’ai pas regretté de ne pas voir pris de prépa.  

Il y avait aussi une très bonne préparation pour le grand O avec des simulations et des cours sur les droits et libertés fondamentaux.  


En revanche pour la procédure civile et pour ma spécialité (droit civil), l’IEJ dispensait des cours en droit civil, mais nous n’avons pas eu d’entraînements. Or je pense que les entraînements sont indispensables avant de tenter le CRFPA. Pour la procédure civile, nous avons eu deux semaines de prépa en séminaire, ce qui à mon goût n’est pas suffisant pour une matière qui est très technique. 


En parlant de Grand O, allez voir le témoignage de Léa qui a eu 18 sur 20 et qui donne des conseils.


Le tout est-il de savoir s’organiser et de se cadrer seul dans ses révisions ?  

Oui c’est tout à fait ça.  Il est primordial de se faire un planning de révision et de se prévoir des moments pour réaliser des examens blancs.  


Le faire seul est tout à fait possible, mais avec une prépa cela facilite la tâche et permet de gagner du temps. En effet, ils mettent en place des plannings et envoient des entrainements à réaliser, ce qui permet de garder un rythme et d’être très encadré. 


Toi qui a fait sans prépa privée pour ta première tentative, quels sont les avantages à ne pas suivre de prépa ? 

L’avantage est que l’on peut organiser seul nos révisions et entraînements et donc travailler à notre rythme. A contrario, cela peut être assez déstabilisant. Il n’est pas facile de savoir s’auto-situer par rapport au travail attendu et aux efforts à fournir.  


Et côté inconvénients ? 

Je trouve qu’il y avait beaucoup plus d’inconvénients à ne pas suivre de prépa qu’à suivre une prépa. Mais bien sûr, cela est très subjectif, tout dépend de notre organisation, de notre méthode de travail et de notre personnalité. De plus, il est assez difficile de trouver des entraînements complets et des corrigés sans prépa.  


Quelle formule as-tu finalement décidé de faire pour ton deuxième essai ? 

J’ai effectué une préparation intensive à distance. J’ai choisi une option à la carte en prenant trois matières : procédure civile, droit fiscal et droit des obligations.  


Dès le mois d’avril, la prépa m’a envoyé des fascicules de cours dans les trois matières ainsi que deux sujets à faire par matière avant la prépa intensive de l’été.  


Au mois de juillet j’ai commencé la prépa intensive avec un sujet à rendre par matière et par semaine. Il y avait une correction personnalisée, des live de correction, des live questions/ réponses pour chaque matière et chaque sujet (au total 7 examens blancs par matière).


Regrettes-tu de ne pas avoir choisi l’option avec prépa dès le départ ? Ou bien cela a-t-il aidé dans ton travail de tous les jours ? 

Il ne faut jamais regretter nos choix, tout arrive pour une bonne raison. Je pense que ça m’a permis de comprendre mes erreurs et de voir ce que je devais améliorer pour réussir.  

En effet, lors de ma première tentative, pour le droit des obligations et la note de synthèse, ma méthode de travail et le travail que j’ai fourni ont porté leurs fruits, car j’ai eu la moyenne dans ces deux matières. Je faisais notamment beaucoup d’entrainements.  

En revanche pour les deux autres matières, ma méthode de travail n’était pas aboutie et je sais que le manque d’entraînements dans ces deux matières m’a porté préjudice.


La question bonus : un conseil pour les futurs courageux qui souhaitent passer l’examen d’entrée au CRFPA ? 

Je leur dirai tout d’abord que tout est possible et qu’il faut être confiant et ne pas se laisser abattre par la charge de travail à fournir.  


Ensuite, je pense qu’il faut mettre l’accent sur les examens blancs. 

Il faut réellement se mettre en conditions d’examen, 

c’est-à-dire réaliser les épreuves avec le même temps qui est imparti le jour J pour chaque matière et cela plusieurs fois par matière.  

La gestion du temps est très importante, bien plus que les connaissances. 

Il faut connaître le programme et être capable de l’appliquer à une situation concrète, mais si vous ne gérez pas suffisamment votre temps, vous ne pourrez pas montrer tout votre potentiel.  Il est intéressant de faire un bilan et de se rendre compte de son propre parcours, d’analyser sa progression, c’est très encourageant et motivant.  


Un allié à ne surtout pas négliger pendant cette période : votre CODE. C’est véritablement votre MEILLEUR AMI. Il faut savoir s’en servir avant le jour J, savoir où chercher, savoir où se situent les articles essentiels. Plus vous maîtrisez votre Code et plus vous gagnez du temps. Vous aurez alors plus de temps pour réfléchir et rédiger de manière efficace.  


Enfin, vous devez aussi vous ménager. Il faut faire des pauses, savoir reconnaître quand vous êtes productif ou non. Cela ne sert à rien de passer des heures devant son cours si vous n’êtes pas concentrés et aptes à travailler. Prenez une pause, sortez, allez voir des amis, cela aide vraiment. Il faut aussi savoir s’entourer de personnes positives et de personnes qui vivent la même chose que vous.  


Tu avais pris des vacances d’ailleurs ?

Pour ma part l’année dernière j’ai effectué plusieurs journées OFF lors de la canicule pour être en forme à la reprise des examens blancs. De plus, je suis restée en contact tout l’été avec des amis qui passaient aussi le CRFPA. Cela est très encourageant et aide à se sentir entouré et soutenu.  


Bien entendu, mon ressenti est personnel et chacun est différent. Vous devez alors trouver le rythme qui vous conviendra.  


Surtout restez positifs et confiants, avec des efforts et une bonne organisation, le CRFPA est à vous.  


Merci Laeticia,

Merci, bon courage aux candidats



Bérénice Doyette



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