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Méthodologie pour réussir un commentaire de texte en droit


La méthodologie du commentaire de texte en droit est souvent négligée par les étudiants, car cet exercice juridique est perçu comme facile. Pourtant, le commentaire de texte nécessite une méthodologie rigoureuse et de solides connaissances : introduction, plan, problématique, rédaction… Voici tout ce que vous devez savoir pour réussir votre commentaire de texte.

 

Sommaire : 


 
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Comprendre l’exercice du commentaire de texte en droit


Pour comprendre l’exercice du commentaire de texte, il est impératif de savoir ce dont il s’agit : commenter, c’est interagir pour analyser, expliquer, exposer, ce qui impose un raisonnement juridique spécifique lorsqu’il s’agit d’un commentaire de texte en droit. 


D’ailleurs, les textes sont de différentes natures, des plus communes (article de doctrine) aux plus farfelues (tweet de membres du Gouvernement, nos enseignants ont de l’inspiration).


Définition du commentaire de texte en droit


En droit, le commentaire de texte est un exercice qui vous demande d’analyser un texte afin de le commenter à l’aide de vos connaissances juridiques, qui vous permettront de l’interpréter pour en tirer un raisonnement intéressant.


  • Commentaire → selon Larousse (mais vous pouvez appeler Robert si vous préférez) il s’agit de l’action :

    • 1/ D’expliquer, développer un texte → le synonyme étant « paraphraser », on comprend que ce n’est pas la définition appropriée pour notre exercice ;

📚 Méthodologie : En tant que bons juristes et/ou enseignants que nous sommes, nous devons poursuivre l’enquête. Quel que soit l’exercice juridique que vous devez réaliser (dissertation, commentaire d’arrêt, cas pratique ou plus largement commentaire de texte), vous êtes tenus d’analyser les termes


Il est impératif d’en comprendre le sens pour être en mesure de bien les utiliser. C’est cela le « manque de rigueur » que l’on vous a reproché dans vos copies. Il fait référence à une utilisation aléatoire des termes qui trahit un manque de compréhension.


D’abord, on fait le tri parmi ce qui nous intéresse et ensuite, on creuse encore plus !


Expliquer → OK pour le commentaire, mais sans paraphraser. 

Lorsque vous expliquez un texte, c'est pour en établir le sens, comme dans un commentaire d’arrêt (le sens, la valeur, la portée). Mais, il ne s’agit pas de le reformuler. 


Vous pouvez expliquer le texte si vous le reliez à vos connaissances. Alors, à tous ceux qui pensent que pour faire un commentaire de texte, il n’y a pas besoin de maîtriser son cours, vous pouvez rebrousser chemin. 


Pour réaliser un commentaire de texte réussi, il est indispensable d’avoir des connaissances afin de produire un contenu qui n’est pas superficiel et de ne pas vous retrouver à paraphraser.


Interpréter → bien sûr que le travail du commentaire impose une interprétation du texte par rapport aux connaissances juridiques dans lesquelles vous pouvez l’inscrire (encore ?!).


On insiste évidemment, pas de connaissances, pas de commentaire (d’ailleurs pas d’exercice juridique quel qu’il soit, vous ne naissez pas juriste).


⚠️ Attention : cela dit, notre vieil ami Larousse nous dit que le synonyme d’interpréter est « présenter », ce qui nous mène à introduire le sujet, donc, on resterait au niveau de l’introduction. 


Si l’on voulait pousser le travail d’investigation comme des experts, il nous faudrait rechercher la définition d’interpréter et son étymologie, mais clairement, vous êtes là pour savoir comment réussir un commentaire de texte, nous allons donc abréger. 


Critiquer → Larousse précise « porter sur une œuvre littéraire ou artistique un jugement, l'examiner en détail, en faire la critique », avec pour synonymes → discuter, étudier, examiner.


Cette fois, on tient notre piste. Le commentaire de texte, c'est un petit mélange d’explication, d’interprétation et de critique pour discuter un texte que vous examinez à la loupe à l’aide de vos connaissances. Vous ne pouvez rien discuter si vous ne savez pas ce dont vous parlez.

  • De texte → il s’agit de réaliser ce cheminement intellectuel sur un matériau sous forme de… texte. On y revient un peu plus tard.


Objectifs du commentaire de texte en droit


En droit, le commentaire de texte est un exercice poursuivant trois objectifs (les 3 C) : contextualiser, commenter et critiquer un texte juridique


En d’autres termes, l’objectif principal est de travailler votre esprit critique. Vous devez être en mesure de mobiliser vos connaissances pour porter un jugement sur une position doctrinale, par exemple.


Évidemment, les enseignants veulent voir si vous avez compris le texte, mais ce n’est pas l’objectif premier de cet exercice stimulant. Il s’agira plutôt de l’un des objectifs de son introduction.


En somme, ne vous lancez pas dans la rédaction de votre exercice juridique si vous n’avez pas compris ce que le correcteur attend de vous, ok ? Allez, suivez-nous, on vous explique tout !


Contextualiser le texte pour mieux l’analyser


Le premier objectif du commentaire de texte, que l’on doit retrouver dans l’introduction, est de contextualiser le texte et de comprendre les raisons de son écriture


Tout texte a une raison d’être (ratio legis) : a-t-il été adopté suite à un débat politique ? En raison d’une évolution juridique ? Commenter le texte, c’est aussi comprendre pourquoi son auteur a décidé de l’écrire. 


Voyez le texte comme une histoire ou une anecdote : sortie de son contexte, elle peut perdre tout son sens. Par exemple, si l’on vous dit que votre voisin a tué quelqu’un, alors il est un meurtrier.


En revanche, l’histoire n’a pas la même ampleur si vous savez que votre voisin a simplement marché sur le lacet d’une personne et que cette chute a (malheureusement) entraîné la mort de la personne en question (homicide involontaire).


Cela n’excuse en rien la mort de cette personne, mais il y a une différence entre tuer une personne de sang-froid et un accident.


Pour bien contextualiser votre texte, posez-vous les bonnes questions et notez les réponses sur votre brouillon :


  • Dans quel contexte économique, historique, juridique et politique ce texte a-t-il été écrit ? ;

  • Qui est l’auteur du texte ? ;

  • Quelle est sa profession ? ;

  • Quels sont ses positionnements juridique et politique ?


Commenter le texte au regard du cours


Le deuxième objectif du commentaire de texte en droit est de commenter le texte au regard de vos cours magistraux et de vos travaux dirigés (TD). Cet aspect devra apparaître dans vos développements


Autrement dit, un commentaire de texte réussi est un commentaire qui alterne entre citations du texte et explications de cours (arguments, exemples).


Contrairement à ce que pensent les étudiants, il n’est pas possible de rédiger un bon commentaire sans maîtriser son cours (ou la méthodologie juridique). En effet, commenter le texte ne consiste pas simplement à expliquer les phrases une par une : votre correcteur sait lire !


Vous devez expliquer le sens de la phrase au regard de la loi, de la jurisprudence ou encore de la doctrine. Cela signifie que pour avoir la moyenne, 


vous devez prouver à l’examinateur que vous avez compris les enjeux de votre texte ainsi que les débats qui l’entourent.

Souvent, le texte consiste en l’énoncé de généralités : expliquez-les et approfondissez le propos. 

Par exemple, s’il est écrit : « En France, sous la Vᵉ République, le Premier ministre est un dirigeant suprême. Le président de la République est à la tête de l’État ce que sont les conditions générales d’utilisation à un produit : inutile ! ». 

Une telle affirmation doit impérativement être commentée : montrez, par vos connaissances de cours (régime de la Vᵉ République, pouvoirs du Premier ministre, etc.), qu’il s’agit d’un texte engagé et critique à l’égard de ces fonctions. 


N’hésitez pas à utiliser des exemples pour soutenir votre propos. Un parallèle avec la célèbre locution du Général de Gaulle selon laquelle le président de la République serait réduit à « inaugurer les chrysanthèmes » peut ici être réalisé.


Or, si vous n'avez pas révisé votre cours, vous irez probablement dans le sens de l’auteur et vous pouvez être sûr de ne pas avoir la moyenne.

🎤 Témoignage : « En L1 Droit, je n’étais pas très assidu. En conséquence, au moment des partiels, je n’ai révisé que le strict minimum. En droit constitutionnel, je savais pertinemment que le sujet était un commentaire de texte, ce qui m’a encouragé à bâcler les révisions de cette matière. Le texte avait l’air simple, l’auteur donnait toutes les caractéristiques d’un régime présidentiel, je n’avais qu’à les commenter. Ce que je ne savais pas, c’est que le texte était totalement ironique : l’auteur faisait une critique du régime et il ne s’agissait absolument pas de ses réelles caractéristiques… En réalité, notre professeur voulait voir qui avait révisé et qui s’était reposé sur ses lauriers. Autant vous dire que j’ai pris un aller simple pour les rattrapages ! », Matéo, L2 Droit, Rennes.

Critiquer le texte


Le troisième objectif du commentaire de texte, le plus important, est de critiquer le texte au sein de vos développements. 


Il s’agit bien évidemment d’une critique constructive qui permet de mettre en évidence la logique du raisonnement de l’auteur par rapport au droit, son ironisation des institutions, ou au contraire son approche extrêmement controversée de l’obligation de délivrance du vendeur.


Vous l’aurez compris (on l’espère, sinon commentez l’article que vous lisez), la critique ne signifie pas écrire « ce texte est bien » ou « il n’est pas correct », mais de comprendre le raisonnement de l’auteur et les raisons qui l’y conduisent en tentant d’apporter votre approche critique, mais juridique de ceux-ci.


La critique du texte permet de montrer à votre correcteur que vous avez compris les enjeux et tensions qui entourent votre texte. C’est aussi le moment où vous pouvez apporter votre appréciation juridique personnelle, afin de différencier votre copie de celles des autres étudiants 


  • Êtes-vous d’accord juridiquement avec les propos de l’auteur ? Le cas échéant, quels sont vos arguments fondés juridiquement ? ;

  • Le texte est-il, selon vous, pertinent juridiquement ? ;

  • L’engagement de l’auteur influence-t-il son argumentation ? C’est important que vous preniez de la hauteur entre un texte « neutre » (ex. : un article du Code civil) et un avis d’un auteur sur sujet déterminé (cet avis n’étant pas une vérité absolue, mais le fruit d’une réflexion, avec potentiellement une prise de position)*.


Évidemment, votre commentaire ne doit pas être politisé, mais si le texte à étudier l’est. Constater que l’auteur du texte est engagé n’est qu’un élément utile dans la compréhension du texte. 


Quels types de texte faut-il commenter ?


À l’université en droit, vous aurez à commenter des textes types : 


  • Extrait d’un discours politique ;

  • Extrait d’un débat (parlementaire, politique) ;

  • Extrait d’ouvrages « collectifs » (mélanges de plusieurs textes) ou d’actes de colloques ;

  • Extrait de manuel juridique ;

  • Texte doctrinal, quel que soit son support. 

  • Articles de presse (ça peut arriver) ; 

  • Travaux parlementaires ;

  • Extraits de rapports ;

  • Circulaire ;

  • Décisions de justice (ce qu’on appelle plus communément « commentaire d’arrêt » ou de « décision » → la décision reste un texte, mais spécifique, c’est pourquoi on en a fait un exercice spécifique, avec des exigences de raisonnement légèrement différentes) ;

  • Articles de loi, décret (vous trouverez cet exercice sous l’intitulé « commentaire d’article », avec, également, une méthodologie légèrement spécifique, mais l’article reste aussi un texte) ;

  • Etc.


Vous l’aurez compris chers pépins, il existe une variété de textes qui peuvent faire l’objet d’un commentaire de texte juridique.


Quelles sont les attentes des correcteurs pour gagner des points ?


Pour gagner des points en commentaire de texte, il faut coller aux attentes des correcteurs qui sont : 


  1. Présenter le texte → l’introduction doit être fluide et claire pour que le lecteur sache ce dont parle le texte, quel problème il soulève et comment vous allez y répondre ;

  2. Commenter le texte → c’est-à-dire en tirer une analyse juridique à partir des connaissances pour expliquer la position de l’auteur et la critiquer par rapport au droit ;

  3. Équilibrer le devoir → les parties et sous-parties doivent être équilibrées pour que le lecteur soit en mesure de suivre votre raisonnement qui tient sur 4 pieds et pas 2 et demi parce que vous avez fait du I.A. la suite de l’introduction et du II. B. un cagibi ;

  4. Faire du droit → vous êtes étudiants en droit, il semble évident que l’attente principale d’un correcteur soit que vous fassiez du droit. Lorsque vous commentez un texte, il faut établir un lien avec vos connaissances juridiques et donc les utiliser pour justifier vos positions critiques


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En somme, il est impératif d’intégrer des fondements juridiques sinon, votre travail sera superficiel. Attention, il ne suffit pas de les énumérer, mais de les exploiter pour appuyer votre raisonnement qui se veut rigoureux.


Le correcteur attend que vous respectiez la méthodologie juridique du commentaire de texte qui impose : 


  1. Une introduction qui respecte un cheminement (sur lequel on revient) ; 

  2. Une problématique (sauf exceptions. Par exemple, certains n’en exigent pas en « commentaire d’article ») que vous tirez du texte en le liant (encore ?!?!) avec vos connaissances) ;

  3. Deux parties, une dichotomie qui laisse comprendre l’orientation que vous donnez à votre critique du texte ;

  4. Des sous-parties qui précisent vos deux grands axes (donc, on ne fourre pas tout et n’importe quoi dans les sous-parties pour réciter son cours, il y a un raisonnement logique à tenir en partant du texte. C’est un exercice de « va-et-vient » entre le texte et le cours).


Et la conclusion ? 


Comme en dissertation, en droit, on n’exige pas de conclusion en commentaire de texte, car votre devoir se suffit à lui-même. Si vous avez besoin de conclure, c’est que le contenu n’est pas suffisamment limpide. Or, votre raisonnement doit être clair.

💡 Bon à savoir : pensez à soigner votre copie sur la forme pour aller chercher « le point en plus » (ou éviter d’en perdre bêtement) en évitant les ratures, une calligraphie douteuse ou des fautes d’orthographe dans chaque lettre. 


Pensez également à aérer la copie en sautant des lignes. En revanche, évitez d’en faire un sapin de Noël en y mettant de la couleur en veux-tu en voilà.


9 étapes pour réussir son commentaire de texte 


Pour avoir la moyenne et réussir votre commentaire de texte, vous devez impérativement en maîtriser la méthodologie. Pour cela, 9 étapes doivent être respectées dans cet ordre (de préférence, si vous voulez un raisonnement solide et plus facile à dégager, qui vous apportera des points) : 


  1. Étape 1 : la lecture et l’analyse du texte ;

  2. Étape 2 : le lien avec les connaissances ; 

  3. Étape 3 : la problématisation ; 

  4. Étape 4 : la construction du raisonnement en deux temps ; 

  5. Étape 5 : l’élaboration du raisonnement au brouillon ;

  6. Étape 6 : la formulation des intitulés ;

  7. Étape 7 : la préparation de l’introduction ;

  8. Étape 8 : la rédaction du fond ; 

  9. Étape 9 : la relecture.


Étape 1 : Lire et analyser le texte


Lire et analyser le texte implique une lecture répétée, analytique et attentive du texte (oui, il ne s’agit pas seulement de « lire », car ça, nous savons que vous en êtes capable).


Une lecture répétée du texte


Une bonne lecture est une lecture répétée. Une erreur de méthodologie que commettent souvent les étudiants : se jeter sur le texte, stabilo à la main, pour tout surligner. Avouez, vous l’avez tous déjà fait au moins une fois…


Ne mettez pas la charrue avant les bœufs (une expression qu’on adore) ! Obligez-vous à faire une première lecture du texte sans stylo ni surligneur


Celle-ci vous permettra de prendre connaissance du texte : quel est le sujet ? Qu’avez-vous compris ? Si une phrase ne vous semble pas claire, prenez le temps de la relire. Une mauvaise compréhension entraînera forcément un mauvais commentaire.


Ensuite, faites une deuxième lecture, cette fois-ci plus lente et analytique (on y vient juste après), en prenant des notes au brouillon si des éléments vous passent par la tête (inutile, en revanche, de raisonner pour l’instant). 


Enfin, la dernière lecture est ce qu’on appelle ici une « lecture attentive ». Vous devez vous concentrer sur le texte pour saisir le sens de chaque élément, l’orientation du raisonnement de l’auteur que vous connectez avec vos connaissances. Pas de connaissances en droit, pas de commentaire juridique.


Alors, lorsque votre cerveau fume par vos oreilles, respirez un instant, buvez une gorgée (ou plus) d’eau, puis recommencez la lecture. Vous ne devez pas passer d’éléments. Concentrez-vous un instant sur la phrase et comprenez l’articulation de chaque terme pour en former le sens.


Une lecture analytique du texte


Pour que votre lecture soit efficace, vous devez l’adapter à la taille du texte. Une erreur que vous ne devez pas commettre est de croire que la taille du texte a un rapport avec sa difficulté. Un texte court n’est pas nécessairement synonyme de simplicité, au contraire !


Plus votre texte est court, plus vous devez redoubler de vigilance : chaque mot a son importance. Faites attention aux conjonctions de coordination, à la ponctuation, aux choix des verbes, etc. 

Par exemple, « et » n’a pas la même signification que « ou ». 

Au contraire, si votre texte s’étend sur 2 ou 3 pages, vous devez dégager le pertinent du superflu. Il se peut que votre texte soit répétitif, mais vous, vous ne devez pas répéter la même chose dans toutes vos parties (sinon, cela signifie probablement qu’il y a un problème d’organisation dans vos idées…). 


Vous devez vous demander si l’auteur répète son propos par simple pédagogie ou si une nouvelle information a été introduite. 


Dans le cadre d’un commentaire de texte, peu importe le sujet, il y a 6 éléments que vous devez toujours relever. Afin de n’en oublier aucun, retenez cet acronyme : l’ADN du SIC.


✅ 1er élément : l’auteur. Connaître l’auteur d’un texte est fondamental. En effet, son parcours d’études, son parcours professionnel ainsi que ses positionnements juridique et politique peuvent vous aider à comprendre et à commenter ses propos

Par exemple, si votre texte est fortement orienté politiquement, connaître la famille politique de son auteur vous permettra de savoir si le texte est objectif ou engagé.

✅ 2e élément : la date. Les dates sont extrêmement importantes, d’autant plus lorsque le texte est juridique et/ou politique. S’il s’agit d’un projet de loi, vous devez connaître le droit antérieur ainsi que les débats doctrinaux autour du projet pour produire un bon commentaire. S’il est question d'un texte politique, faites attention à la date : si un président de la République fait un discours dans le cadre d’une campagne électorale, vous devez analyser le texte avec du recul.

🍊 Petite astuce : n’hésitez pas à noter les dates importantes sous forme de frise chronologique au brouillon.

✅ 3e élément : la nature. La nature du texte est un des éléments les plus importants, car elle donne beaucoup d’informations

Par exemple, un article de loi est censé être neutre, avec un vocabulaire précis*, tandis qu’un article de doctrine doit défendre un point de vue : on y retrouvera une opinion juridique personnelle.


*Comme notre législateur, réfléchissez au vocabulaire que vous employez : chaque terme à son importance. Il ne sert à rien d’écrire sur votre copie tous les mots que vous connaissez sur une thématique… Votre correcteur veut savoir si vous savez employer les bons mots au bon endroit (il se fiche de connaître l’étendue de vos connaissances en vocabulaire juridique).

Étudiez toutes les caractéristiques des formes de texte qui pourraient vous être soumises afin de savoir quoi analyser le jour de l’examen. En principe, vous pourrez être amené à commenter un article de loi (ou de la Constitution) [Ndlr : voir la méthodologie pour réussir un commentaire d’article de loi ?], un projet de loi, un article de doctrine, un discours politique ou un extrait de manuel.

Tenez, par exemple, le 16 juin 1946, le Général de Gaulle a prononcé le discours de Bayeux. Vous avez de nombreux éléments à analyser ici : 


  • Auteur : Général de Gaulle.

Éminent président de la République sous la Vᵉ, le Général de Gaulle a marqué, à plus d’un titre, l’histoire de la France. Figure importante de la Libération, personnage caractéristique de la Vᵉ République, cet ancien militaire a posé les bases de la République proclamée le 4 octobre 1958 qu’il a fait évoluer en faveur de la prééminence du président de la République.


  • Date : 16 juin 1946.

Lorsque vous voyiez cette date, vous comprenez qu’il a été prononcé avant la IVe République qui date du 27 octobre 1946.


  • Nature : discours.

Un discours fait référence à un développement tenu oralement, généralement devant un groupement de personnes.

✅ 4e élément : le sujet. Quelles sont les thématiques abordées ? Souvent, les étudiants ont tendance à vouloir placer leurs connaissances juridiques dès qu’ils le peuvent. Avant de le faire, soyez sûr que votre propos est bien en lien avec l’une des thématiques du texte. Si ce n’est pas le cas, cela ne sera pas pertinent. 

Par exemple, si vous devez commenter les conditions de validité du contrat, il ne sert à rien de déballer tout votre cours de droit des contrats.


Et si l’on revient sur notre exemple du discours de Bayeux, il s’agit, pour résumer grossièrement, d’une allocution lors de laquelle le Général de Gaulle a énoncé la conception qu’il retenait des institutions qui devaient être celles de la République. 


Ce discours n’a pas été suivi pour la IVe République. En revanche, les institutions de la Vᵉ République, tel qu’elles ont été conçues dans la Constitution du 4 octobre 1958, s’en rapprochent. Il a fallu attendre un peu, mais ses causeries ont fini par prendre vie !

✅ 5e élément :  le contexte. Un texte est nécessairement le résultat d’une évolution historique, d’un débat politique, d’un changement juridique, etc. 

Par exemple, s’il s’agit d’un texte doctrinal, demandez-vous dans quel contexte celui-ci a pris naissance. Résulte-t-il d’une longue discorde juridique ? 

✅ 6e élément : l’intérêt. Comprendre l’intérêt du texte implique de comprendre pourquoi l’auteur l’a écrit. Quel était le but ? Le texte avait-il une vocation particulière ?

Par exemple, s’il s’agit d’un texte doctrinal, demandez-vous pourquoi l’auteur l’a-t-il écrit ? Comprenez la raison d’être de votre texte pour en faire un commentaire pertinent. Mais demandez-vous surtout pourquoi ce sujet est juridiquement intéressant.


Par exemple, le Discours de Bayeux avait été prononcé par le Général de Gaulle à l’aube de la IVe République (1946). N’était-ce pas afin de donner une orientation à suivre pour stabiliser les institutions ? Quel intérêt de soumettre ce texte à votre étude ? 


L’intérêt est d’analyser la pensée du Général de Gaulle bien avant la Ve République et de voir qu’il avait déjà pensé les institutions de cette manière avant 1958.

Dégager l’intérêt d’un sujet (y compris en dissertation) c’est répondre à la question de savoir pourquoi ce sujet est intéressant (juridiquement, donc si vous n’avez pas de connaissances, vous ne pourrez pas répondre à cette interrogation fondamentale pour dégager la problématique juridique posée).


Enfin, une fois que vous aurez terminé cette lecture très analytique au brouillon, faites une troisième lecture en classant vos idées sur votre brouillon. Par exemple, si trois arguments vont dans le même sens, surlignez-les en jaune. Choisissez une autre couleur pour une autre thématique, etc. 


Cette dernière lecture doit vous donner des idées de plan et vous permettre de prendre de la hauteur pour vous concentrer sur les thématiques et les problématiques abordées.


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Une lecture attentive du texte


L’étape la plus essentielle pour réussir votre commentaire de texte est la lecture attentive de ce texte. Aussi simple que cela puisse paraître, beaucoup d’étudiants passent à côté de cette étape fondamentale. 


Ils lisent trop rapidement le texte, ce qui conduit inévitablement à un mauvais commentaire pour cause de hors sujet ou simplement d’une mauvaise compréhension du raisonnement de l’auteur.


La lecture attentive vous impose de lire chaque terme et de comprendre le sens de chaque phrase


Parfois, avec le stress, on a tendance à aller un peu vite et à ne pas tout comprendre. Comment pourriez-vous commenter quelque chose que vous ne voyez pas ? 


C’est la même chose ici, une lecture partielle ou lacunaire du texte vous conduira à commenter de manière superficielle le fond


Il faut saisir la pensée de l’auteur en connectant les termes essentiels, le champ lexical principal à vos connaissances.



« Partout où paraissait la croix de Lorraine s'écroulait l'échafaudage d'une autorité qui n'était que fictive, bien qu'elle fût, en apparence, constitutionnellement fondée ». 

VOUS LISEZ

VOUS TRADUISEZ

VOUS COMPRENEZ

croix de Lorraine

Symbole de la Libération (donc 1944) 

📚→ si vous n’avez pas été en mesure de le traduire, c’est dommage, car vous passez à côté d’une information temporelle essentielle (la période du régime de Vichy) à la compréhension de la suite des informations de la phrase.

Alors, pensez à développer votre culture générale en lisant, en visitant des expositions ou en étant curieux, tout simplement.

Le Général de Gaulle est un acteur central de la Libération (donc, on comprend son positionnement). Il estime que l'autorité en place était fictive, en dépit du texte constitutionnel qui lui donnait « légitimité ». Il va donc naturellement se prononcer sur les institutions et leur légitimité.

autorité qui n’était que fictive (...) bien qu’en apparence, constitutionnellement fondée

Il parle du régime de Vichy et en particulier du gouvernement de la République sous l’autorité du Maréchal Pétain et instauré par la loi constitutionnelle du 10 juin 1940.


« Tant il est vrai que les pouvoirs publics ne valent en fait et en droit que s'ils s'accordent avec les intérêts supérieurs du pays, s'ils reposent sur l'adhésion confiante des citoyens. En matière d'institutions, bâtir sur autre chose, ce serait bâtir sur du sable. Ce serait risquer de voir l'édifice crouler une fois de plus à l'occasion d'une de ces crises auxquelles, par la nature des choses, notre pays se trouve si souvent exposé. Voilà pourquoi, une fois assuré le salut de l'État dans la victoire remportée, et l'unité nationale maintenue, la tâche par-dessus tout urgente et essentielle était l'établissement des nouvelles institutions françaises»

VOUS LISEZ

VOUS TRADUISEZ

VOUS COMPRENEZ

s'ils reposent sur l'adhésion confiante des citoyens

confiance, citoyen, fondement → dimension démocratique

Le Général de Gaulle pose un contexte pour justifier qu’il faille « réformer » les institutions afin de ne pas reproduire les erreurs du passé.

Même sans avoir lu la suite, il semble évident qu’il va proposer son approche des institutions en justifiant leur légitimité par l’assentiment qu’accorderait le citoyen au pouvoir constituant pour les établir.

matière d'institutions, bâtir sur autre chose, ce serait bâtir sur du sable

fonder les institutions (donc la séparation des pouvoirs) sur autre chose que l’adhésion des citoyens serait inopérant → la porte ouverte à d’autres crises ?

⇒ relevons qu’il ne parle pas de « peuple » mais bien de citoyen


ces crises auxquelles (...) notre pays se trouve si souvent exposé

en effet, il envisageait bien des crises, dans le cas où les institutions seraient créées sans se fonder sur l’assentiment des citoyens.

Il rappelle que la France a traversé plusieurs crises (v. IIIe République, pour la dernière avec la crise du 16 mai 1877) ; et qu’elles sont dues au manque de légitimité des institutions


urgente et essentielle (...) l'établissement des nouvelles institutions françaises

il faut établir de nouvelles institutions afin de ne pas reproduire les erreurs du passé


Cette lecture attentive impose un brainstorming : vous lisez, vous comprenez, vous notez des idées au brouillon pour déjà réaliser un lien avec le cours.



Étape 2 : Faire le lien avec les connaissances


Faire le lien avec les connaissances est une étape incontournable, essentielle, fondamentale. Tellement qu’on en a fait un élément à part entière simplement pour vous le rappeler, alors qu’en réalité, vous procédez déjà à ce brainstorming lors de votre lecture attentive du texte à commenter.


C’est quoi, faire le lien avec les connaissances ?


C’est avoir lu et compris le texte pour l’inscrire dans vos connaissances

Vous avez lu le discours de Bayeux, compris les idées dégagées par le Général de Gaulle.


Désormais, faites le lien avec ce que vous savez des IVe et Ve Républiques, de leurs institutions, de la manière dont les constitutions de ces régimes ont été élaborées et de ce à quoi elles ont abouti.

Notez au brouillon les dates qui vous viennent en tête, les fondements juridiques et les idées doctrinales que vous pouvez exploiter pour analyser et critiquer le texte qui est soumis à votre étude.


Autant vous dire que si vous n’avez pas de connaissance, vous ne commenterez rien.


Étape 3 : Dégager la problématique


Pour dégager la problématique, il y a deux options :


  1. Soit la problématique se dégage naturellement du texte, car l’auteur se pose une question ; 

  2. Soit la problématique ne se dégage pas naturellement du texte, et là, vous devez vous souvenir de la ratio legis (l’intérêt du texte, le pourquoi il est intéressant juridiquement) et des problématiques du texte : essayez de les rassembler pour formuler une question pertinente, qui ne soit ni trop large ni trop fermée.


Mais ce qui est sûr, c’est que sans problématique, il n’y a pas de raisonnement. C’est l’élément central de tout sujet que vous avez à traiter, car vous répondez à un problème théorique juridique que vous tirez de l’étude qui vous est soumise, mis en perspective avec vos connaissances


Sans problème, à quoi apportez-vous une solution ? La problématique, c'est la tension posée par l’auteur dans son texte, ou sous-entendue par l’auteur. Vous la comprenez, car… vous avez des connaissances (oui, oui, on le répète !).


En somme, la problématique est à mettre en perspective avec vos connaissances, car c’est d’elles que vous serez en mesure de dégager l’intérêt du sujet.


Étape 4 : Répondre à la problématique en deux temps


Répondre à la problématique en deux temps, c’est dégager les deux axes du plan (les I et II). 

💡 Bon à savoir : comme la majorité des exercices juridiques, le commentaire de texte répond à un plan en deux parties (I/II) et deux sous-parties (I. A/B ; II. A/ B). Il n’y a pas de conclusion, vos développements doivent suffire à répondre à la problématique.

Comment trouver le plan dans un commentaire de texte ? 


Pour trouver un plan dans un commentaire de texte*, il faut avoir compris la tension posée par le sujet (problématique). C’est seulement après avoir compris cela que vous pourrez construire votre plan. La réponse à cette tension, organisée en deux temps, sera votre plan.


*Le plan se construit grâce à vos connaissances (et pas à partir de).


Autrement dit, vous n’allez surtout pas chercher votre plan dans le cours après avoir lu le texte et compris qu’il parlait d’un truc que vous aviez plus ou moins appris. Jamais. Grossière erreur. 

⚠️ Attention : comme pour la méthodologie de la dissertation ou le commentaire d’arrêt, vous ne vous lancez JAMAIS dans la rédaction du commentaire sans plan ni structure.

Cela équivaudrait à se lancer dans une course d’orientation sans boussole ni carte… Même à Koh-Lanta, ils ont ce matériel minimum !

Dans le cadre de cet exercice juridique, deux possibilités s’offrent à vous


  1. Soit votre plan peut être déduit de la structure du texte ; 

  2. Soit il peut être déduit des thématiques essentielles du texte.


Dans le premier cas, votre texte est organisé en deux parties et deux idées sont clairement développées dans chaque paragraphe. Dès lors, vous avez votre I/et votre II/ et il ne vous reste plus qu’à trouver les deux idées principales de chacune de ces parties.


Dans le second cas, votre texte est découpé en plusieurs paragraphes, mais il y a deux idées qui se distinguent nettement des autres. Encore une fois, vous aurez votre I/et votre II/ et vous devrez ensuite déterminer quelles sont les deux idées dominantes de chaque thématique.


Est-ce qu’on peut faire des plans « types » en commentaire de texte ? 


Comme pour la dissertation ou le commentaire d’arrêt, il peut être rassurant de faire un plan « type » qui serait valable pour tous les commentaires ; mais, nous vous conseillons d’éviter cette méthode si vous voulez réussir : il est préférable de vous adapter au texte.

Par exemple, ne faites pas l’erreur de présenter le texte dans votre première partie pour l’expliquer dans votre deuxième partie. La présentation du texte doit être dans l’introduction et pas ailleurs.

Et on vous le répète, pour éviter de vous perdre dans des intitulés douteux avec des sous-parties sans aucun rapport, commencez simplement par répondre en deux temps à votre problématique

Par exemple, pour un texte qui évoque les abus dans l’usage de l’article 49 alinéa 3 de la Constitution, la problématique à poser imposera de vous intéresser à la relation théorie/pratique. L’article 49 alinéa 3 a-t-il été détourné de sa finalité par la pratique sous la Vᵉ République ? Par exemple. Évidemment, tout va dépendre du raisonnement de l’auteur.


 À une telle problématique, vous n’allez pas répondre : « dans un premier temps, l’article 49, alinéa trois prévoit un mécanisme de motion de censure (I), mais dans un second temps, il est possible d’engager la responsabilité du Gouvernement (II) ». Hélas, c’est pourtant souvent ce type de dichotomie que l’on retrouve dans les copies, car l’étudiant veut à tout prix caser ses connaissances qu’il a reliées au sujet dégagé par l’auteur, sans les relier au raisonnement de l’auteur.


 Il faut plutôt répondre « si l’article 49 alinéa 3 est un procédé mis en place pour affronter démocratiquement les blocages (I) la pratique de l’exécutif en a fait une arme à l’encontre du pouvoir législatif du Parlement (II) ».


Cette réponse en deux temps (dont on a fait une annonce de plan, parce qu’on aime bien vous en donner toujours plus) vous permet de dégager deux axes de raisonnement qui répondent à votre problématique : 


  1. L’article 49 alinéa 3 est un outil démocratique destiné à faciliter la prise de décision (attention, l’idée doit être tirée du texte, si évidemment l’auteur dit l’inverse, vous tirez l’idée inverse, que vous pouvez évidemment critiquer en y étant juridiquement opposé ou conforter avec, encore une fois, des fondements juridiques) ;

  2. Mais, les membres du pouvoir exécutif en ont fait un usage qui s’éloigne de cette finalité, aboutissant à affecter le rôle du Parlement qui, en principe, vote la loi (art. 24 de la Constitution).

Étape 5 : Dégager les idées à développer dans chaque axe


Vous avez développé chaque axe, désormais, il faut savoir quoi y intégrer. Il va falloir réaliser des va-et-vient entre le texte et vos connaissances


Nous vous rappelons qu’à ce stade, nous sommes encore au brouillon. Faites deux colonnes avec une idée de chaque côté et intégrez-y dedans les connaissances que vous avez préalablement dégagées au brouillon (étape 2) ainsi que les parties du texte que vous allez connecter avec ces éléments.


Une fois ce processus réalisé, vous pouvez découper en deux chaque axe. Vous avez à présent les sous-parties (on n’a pas dit de réaliser les intitulés, pour l’instant, vous en êtes aux idées, vous pouvez en faire des phrases pour avoir un fil rouge conducteur et savoir où vous souhaitez aller).


À ce stade, vous devez savoir très exactement ce que vous allez mettre dans chaque partie/sous-parties. Inutile, en revanche, de formuler des phrases, des mots-clés suffisent.


Étape 6 : Formuler les intitulés : des titres précis et complets 


Comme pour la méthodologie de tout exercice juridique, vous devez rédiger des titres précis et complets. Ils sont le miroir de votre devoir : ils doivent permettre à votre correcteur de comprendre l’ensemble de vos idées sans même lire vos parties.


N’oubliez pas que vous êtes en droit : vous devez avoir un langage rigoureux et juridique. Employer les mauvais termes revient à montrer que vous n’avez pas les connaissances basiques.


Pour réussir les titres de votre commentaire de texte, voici un rappel des règles traditionnelles :


  • Qualifiez vos intitulés. Afin de donner envie au correcteur d’aller lire le fond de votre devoir, qualifier vos titres pour qu’ils aillent dans le sens de votre idée conductrice. Pour y parvenir, utilisez des adverbes et des adjectifs, mais avec modération. Il ne faut pas alourdir le texte, il doit être clair.


Qualifiez vos titres vous évite un contenu descriptif et donc d’être à côté des attentes de l’exercice.

❌ Plutôt que « L’utilisation de l’article 49 alinéa 3 » ; 

✅ « Une utilisation dévoyée de l’article 49 alinéa 3 » est plus intéressant.

  • Éviter les titres à rallonge. Vous n’êtes pas là pour développer votre cours, les mémoires de l’auteur ou votre vie. Les titres, c’est susciter l’envie, pas la combler avant même de l’avoir éveillée


Alors, des titres concis, mais avec l’information importante de votre raisonnement, sont préférables à des phrases entières sur 4 lignes dont on comprend le sens avec difficulté.


  • Ne pas mettre de verbes conjugués dans vos titres. Il vaut mieux privilégier les participes passés ou les affirmations (ce qui vous évitera au passage des fautes de conjugaison) ;


  • Ne pas mettre de ponctuation dans vos titres. Soyez simple. Votre titre ne doit pas ressembler à une devinette ni à une introduction de thèse (donc pas de « … » ou 4 virgules dans un titre) ;


  • Ne pas citer tout le texte dans vos titres. Cela peut être pertinent si un ou deux mots sont bien placés et utilisés, mais citer 6 fois le texte pour faire 6 titres est plutôt déconseillé.


Maintenant que vous savez comment rédiger des titres, vous vous demandez probablement : quand faut-il réaliser cette étape ?


Eh bien, cette étape peut aussi passer après la rédaction de l’introduction au brouillon. On ne cherche pas les titres avant de savoir ce dont on va parler, comme on ne crée pas la bande-annonce du film avant d’avoir tourné les scènes. 


C’est seulement lorsque l’on sait très exactement où l’on veut amener le spectateur qu’on peut formuler des titres précis et complets.


Mais, plus que « l’amener » quelque part, vous devez séduire le correcteur. Il faut lui donner envie d’aller plus loin, d’en savoir plus.


Personne ne voudra venir à un rendez-vous avec vous si vous n’êtes pas suffisamment intrigant (ou alors la personne n’a rien d’autre à faire, ça arrive, et en définitive, la relation n’aboutit à rien. Sauf si vous étiez juste timide, mais que vous savez faire bonne impression lors du développement en face to face). 


Avec le lecteur de votre copie, c’est la même chose, si vous ne lui donnez pas envie d’en savoir plus, il va quand même analyser le fond, parce que c’est son travail. Mais, vous lui mettez des a priori en tête et cela affectera sa lecture. Cela dit, si le fond est pertinent, il saura faire abstraction de la forme (mais vous manquez tout de même quelques points attribués pour la construction du plan).


Et surtout,


n’oubliez pas : toutes les facultés de droit et tous les professeurs/enseignants ont leurs attentes. Les règles énoncées ci-dessus sont générales. Renseignez-vous avant de passer votre partiel/examen de droit.

Étape 7 : Élaborer l’introduction du commentaire de texte au brouillon


Comme pour tous les autres exercices juridiques, l’introduction du commentaire de texte doit suivre une méthodologie bien précise pour être réussie : 


  • On suscite l’intérêt du lecteur par une phrase d’accroche ;

  • On présente le sujet (ici le texte) ; 

  • On contextualise le texte ; 

  • On établit l’intérêt du texte (ratio legis) ;

  • On formule la problématique ;

  • On y répond en deux temps avec l’annonce du plan.


Trouver une phrase d’accroche


Tout d’abord, vous pouvez commencer par introduire votre commentaire avec une phrase d’accroche en lien avec votre sujet. Celle-ci peut être une phrase sur un fait d’actualité ou une citation.


Attention, il serait délicat d’introduire votre commentaire de texte par une citation issue du texte.

Cela sera peut-être mal vu par votre correcteur, car cela pourrait être perçu comme un manque de connaissances personnelles. 


Notez toutefois que même si cette phrase d’accroche n’est pas toujours une étape obligatoire, elle reste un moyen de différencier votre copie de celle des autres étudiants.

⚠️ Attention :  Il ne faut pas chercher la phrase d’accroche avant d’avoir établi le squelette du devoir au brouillon (étapes 2 à 5). C’est comme pour les titres, comment pourriez-vous accrocher le correcteur si vous ne savez pas ce qu’il se passe dans le film ? 


Pas de scènes tournées, pas de teaser. Donc, pas de raisonnement juridique, pas d’accroche. 

Évidemment, cette phrase d’accroche ne doit pas rester seule au début de votre commentaire… Comme un ami timide, il faut l’intégrer au groupe ! 


N’oubliez pas d’ajouter une phrase qui fera le lien entre votre phrase d’accroche et le sujet dégagé du texte. C’est le moyen d’avoir une introduction fluide, car vous enchaînez ensuite directement sur la présentation du texte.


Présenter le texte


Ensuite, vous devez présenter votre texte. Faites-le comme si votre correcteur n’avait jamais lu le texte : vous devez le présenter de façon claire, concise et ordonnée :


  • Qui est l’auteur ; 

  • Quel est le type de texte ; 

  • De quand date le texte ; 

  • Quel est son sujet.


Notez que l’ordre dans lequel vous annoncerez ces éléments va dépendre de la manière dont vous envisagez de contextualiser le texte. Il faut que votre introduction reste fluide. Ne faites pas un catalogue d’éléments que vous alignez les uns après les autres. Il faut que vous trouviez un moyen d’établir du lien entre tous.

Par exemple, si c’est un discours politique, vous pouvez dire qu’il s’agit d’un discours prononcé le (mettre la date), dans le cadre d’une élection présidentielle, par un potentiel candidat (mettre son nom). Cette phrase vous permettra d’ouvrir sur l’auteur du texte, sur son parcours, ses positionnements, etc. (seulement si c’est pertinent au regard du commentaire de texte).

Contextualiser le texte


Une fois votre texte présenté, contextualisez-le. À ce stade, il ne s’agit plus simplement de commenter la lettre du texte, mais plutôt de comprendre son environnement (historique, juridique, politique, etc.). Vous devez montrer à votre correcteur que vous avez compris le texte ainsi que le contexte dans lequel il a été rédigé ou prononcé.


C’est comme dans un film ou une série, on s’attache aux personnages à mesure que l’on en apprend plus sur leur passé ou leurs sombres secrets. Qui aurait pensé que l’on pourrait trouver Joe Goldberg (You) attachant ?


Pour rappel, vous êtes censé avoir déjà relevé ces éléments, vous n’aurez plus qu’à les rédiger. Si vous avez peur d’en oublier, surlignez au fur et à mesure chaque élément écrit sur votre brouillon : si à la fin de votre rédaction une partie n’est pas surlignée, vous saurez qu’elle est absente de votre copie !


Dégager l’intérêt du texte (ration legis)


La ratio legis est la raison d’être du texte, son intérêt. Pour la dégager, il faut vous poser la question de savoir « pourquoi ce texte est-il intéressant ? ». Mais, intéressant par rapport à quoi ? Au droit, bien sûr


Autrement dit, à vos connaissances. Dans quel courant s’inscrit-il ? Est-il contraire à des positions doctrinales bien ancrées ? Au contraire, y est-il conforme ? Suscite-t-il des débats juridiques ? Interrogez-vous, interrogez vos connaissances pour poser l’intérêt du texte.


Doit-on encore le dire ? Pas de connaissances, pas de commentaire !


Ajouter la problématique du texte


Vous avez juste à ajouter la problématique que vous avez préalablement établie au brouillon.


Ne pas oublier l’annonce de plan


N’oubliez pas l’annonce de plan que vous aurez peut-être déjà formulée lors de votre travail préalable au brouillon (vous savez, lorsque vous avez dégagé les deux axes de réponse). 


Pour ce qui est de l’annonce de plan, elle est assez similaire à celle d’une dissertation ou d’un commentaire d’arrêt. Elle doit permettre à votre correcteur de comprendre vos parties sans même lire vos titres.

Si l’on reprend notre exemple, vous aurez ainsi :  


« L’article 49 alinéa 3 est un outil démocratique destiné à faciliter la prise de décision (I), mais les membres du pouvoir exécutif en ont fait un usage qui s’éloigne de cette finalité, aboutissant à affecter le rôle du Parlement qui, en principe, vote la loi (II). »

Pour résumer, votre introduction ne doit PA (phrase d’accroche) être PT (présentation du texte), car si CT (contextualisation du texte) le cas, cela ne servirait à R (ratio legis) et cela ne serait PA (problématique et annonce de plan) constructif.


Étape 8 : Rédiger le commentaire de texte


L’avant-dernière étape de la méthodologie pour réussir son commentaire de texte : la rédaction du devoir. Afin de mettre toutes les chances de votre côté et gagner des points, vous devez rendre une copie impeccable. N’oubliez pas, votre devoir vous représente ! 


Votre copie doit donc être aérée, agréable à lire, bien organisée et surtout, elle ne doit pas contenir de fautes (conjugaison, grammaire, orthographe, vocabulaire).


Pour cela, n’oubliez pas de sauter des lignes, de faire des paragraphes et des alinéas. Par exemple, pour l’introduction, vous devriez avoir :


resume elements introduction commentaire texte droit

Vous l’aurez compris, il ne faut pas négliger vos transitions et vos chapeaux. Ces éléments participent à la fluidité de votre devoir, car ils permettront à votre correcteur de suivre votre logique et votre réflexion.


Pour rappel, un chapeau annonce vos parties (A. et B. de chaque partie) tandis qu’une transition permet de passer d’une partie à une autre sans rompre la fluidité de votre propos. 


Les transitions entre les sous-parties ne sont pas toujours obligatoires (n’oubliez pas de demander à vos enseignants), mais si vous le faites une fois, vous devrez le faire tout au long de votre devoir.


Ne recopiez pas tout votre texte au brouillon, vous perdriez du temps inutilement.


Étape 9 : relire votre copie


La relecture du devoir est une étape non négligeable de la méthodologie, car sans relecture, vous n’êtes pas en mesure de voir si le travail terminé est cohérent. Certes, vous ne pourrez pas changer complètement la donne. 


Néanmoins, vous pourrez peaufiner si vous voyez que l’idée que vous vouliez traduire était limpide dans votre tête, mais qu’elle ne transparait pas sur papier (parce que le correcteur ne voit pas dans votre esprit, il faut lui donner les éléments sur la copie).


Ainsi, pour éviter de rendre une copie pleine de fautes ou partiellement incorrecte, n’oubliez pas de prévoir 15 minutes pour vous relire. Ce temps est obligatoire si vous ne voulez pas perdre des points inutilement.


etapes methodologie commentaire texte

3 erreurs à ne surtout pas faire dans un commentaire de texte


Comme pour tout exercice juridique, il y a des erreurs de méthodologie à ne pas reproduire dans un commentaire de texte. Si vous voulez être sûr d’avoir la moyenne, les 3 erreurs ci-dessous sont à bannir. 


Erreur 1 : Transformer le commentaire de texte en dissertation


L’erreur la plus courante dans un commentaire de texte est de transformer votre commentaire en dissertation. Peu importe la matière et le niveau, les étudiants en droit veulent toujours montrer qu’ils connaissent leur cours. Or, si connaître son cours est fondamental pour commenter un texte ; le réciter ne répond pas aux attentes de l’exercice.


Eh oui, ce n’est absolument pas ce qui est demandé par votre correcteur ! S’il voulait tester vos connaissances de cours, il aurait fait une interrogation.


Avant de commencer votre commentaire, remémorez-vous les objectifs de cet exercice juridique. Vos connaissances doivent simplement servir à enrichir le commentaire de texte. Elles ne sont pas un support, mais plutôt un accompagnement, vous faites un va-et-vient entre le texte et votre cours. Le cours est ce qui vous permet de comprendre et de dépasser la lettre du texte


Afin de ne plus commettre cette erreur qui vous coûtera de nombreux points, assurez-vous de citer le texte. Il est déjà arrivé que des correcteurs ramassent des copies dans lesquelles le texte n’était cité aucune fois.


À chaque nouvelle idée, citez le texte, expliquez-le, puis argumentez et exemplifiez à l’aide de vos connaissances.

🎤 Témoignage : « En première année de droit, j’ai eu un commentaire de texte sur la séparation des pouvoirs. J’étais très contente, car c’était un sujet que je maîtrisais sur le bout des doigts. Lorsque j’ai eu ma note de partiel, je suis tombée des nues. J’ai eu 6, or que j’étais persuadée d’avoir une excellente note. Quand j'ai consulté ma copie, je me suis aperçue que j’étais passée à côté du sujet : j’avais tellement voulu montrer au correcteur que je maîtrisais cette thématique que j’en avais oublié de commenter le texte… J’étais dégoûtée », Lola, L3 Droit, Montpellier.

Erreur 2 : Paraphraser le texte


Une autre erreur de méthodologie présente dans beaucoup trop de copies est la paraphrase. Celle-ci consiste en la « reprise d’un texte sous une autre forme », c’est la « phrase synonyme d’une autre » (Dictionnaire Le Robert). 


Quand vous paraphrasez un texte, vous ne le commentez pas. Vous n’apportez aucune plus-value, aucune information, aucune analyse. Vous le recopiez simplement.


Dès lors, il est impossible pour le correcteur de vous mettre une note au-dessus de la moyenne : vous ne lui apportez aucun nouveau contenu qu’il pourrait noter. La seule chose que vous démontrez éventuellement, c’est que vous avez compris le texte (en supposant que vous ne dénaturiez pas les phrases en les paraphrasant).


Cette erreur peut être liée à 3 facteurs : 


  1. Mauvaise maîtrise de la méthodologie : comme dit précédemment, le commentaire de texte est perçu par les étudiants comme « l’exercice simple » qui permet de gagner des points. Malheureusement, avec cette fausse croyance, nombreux sont les étudiants à négliger la méthodologie, ce qui conduit inévitablement à produire un mauvais devoir.

  2. Mauvaise maîtrise du cours : l’étudiant qui ne maîtrise pas son cours ne peut pas faire autre chose que de la paraphrase puisqu’il n’a aucun nouvel élément à apporter. Il voit le commentaire de texte comme une bouée de sauvetage. Dès lors, il espère pouvoir « blablater » afin d’obtenir une note correcte. Toutefois, votre correcteur n’est pas naïf : il sait lire et il dispose sûrement d’un vocabulaire au moins aussi riche que vous. Ne tentez pas de le berner en disant 3 fois la même chose. Vous lui faites perdre son temps.

  3. Stress : beaucoup d’étudiants sont démunis face au stress des examens. Certains en perdent complètement leurs moyens, au point de n’avoir aucun recul sur le moment présent. Pour dépasser ceci, notre meilleur conseil est l’entraînement régulier. 


A priori, les partiels n’ont lieu que deux fois par an (à l’exception des universités passées sur le système du contrôle continu → plus de période de partiels, mais des contrôles continus – y compris en CM – tout au long du semestre). Si vous n’avez pas de commentaire de texte en TD, les seules fois où vous pourrez vous exercer seront en partiel. Entraînez-vous pour faire du commentaire de texte une routine : maîtrise de votre temps, méthodologie, connaissance de vos points faibles/vos points forts. 


Cet exercice juridique doit devenir un automatisme : lors des partiels, le stress ne vous fait pas oublier votre capacité à écrire. Il ne doit plus vous faire oublier votre méthodologie.


Erreur 3 : Abuser des citations


Dernière erreur qui vous coûte de précieux points : abuser des citations dans votre commentaire de texte. Dans la même logique que la paraphrase, recourir abusivement aux citations de texte revient à montrer à votre correcteur que vous ne maitrisez pas votre cours ou votre méthodologie.


N’oubliez pas, un commentaire de texte réussi est un commentaire qui alterne parfaitement entre les citations et les éléments de cours (explications, arguments, exemples). 


Partons du principe que votre commentaire se décompose en deux parties et deux sous-parties. Si vous avez deux arguments par sous-partie, vous devez au moins citer deux fois le texte. En revanche, si vous le citez 10 fois dans une même sous-partie, vous avez sûrement négligé les explications de cours.


Combien de temps faut-il consacrer à chaque étape ?


Pour chaque étape, un temps doit être imparti


  • Au brouillon, vous devez consacrer la majeure partie de votre temps : sur 3 heures, nous vous conseillons au moins 1 h 15 à 1 h 30 ; 

💡 Bon à savoir : si l’étape de la problématique est souvent négligée, c'est pourtant la plus centrale. Pas de problématique, pas de raisonnement… Donc pas de bonne note. Alors, prenez bien le temps de saisir la tension posée par le sujet, n’y consacrez pas 3 minutes et demie.

  • La rédaction vous prendra entre 1 h 00 et 1 h 15 (mais, cela dépend de chacun, il faut réajuster le timing en fonction de vous. Et cela, vous le savez si vous prenez le temps de vous entraîner !).


  • Pour la relecture, laissez-vous toujours au moins 15 minutes.

💡 Bon à savoir : plus vous vous entraînerez, plus vos réflexes seront développés et plus, vous serez rapide (notamment au brouillon). Alors, pensez-y !

3 conseils pour bien maîtriser la méthodologie du commentaire de texte


Pour bien maîtriser la méthodologie du commentaire de texte, nos 3 conseils sont


  1. Apprendre à lire (oui, on va s’expliquer) ;

  2. S’entraîner sur des textes de différentes longueurs ;

  3. Bien maîtriser son cours.


Conseil 1 : Apprendre à lire 


Lorsque l’on vous dit apprendre à lire, ce n’est évidemment pas comme en CP :


c’est apprendre à lire avec minutie pour saisir le sens d’un texte au-delà de ce qui est écrit (donc aussi comprendre le vocabulaire juridique). Chaque mot à son importance : un « et » n’est pas un « ou ». 

Ce conseil va de pair avec le troisième, car c’est en ayant des connaissances que l’on est en mesure de lire entre les lignes.


Aussi, apprendre à lire, c’est d’abord, prendre le temps de lire. Ne vous précipitez pas au risque de manquer des informations capitales ou de mal comprendre le raisonnement de l’auteur. On vous voit avec vos surligneurs, vous transformez vos copies en arc-en-ciel en 30 secondes…


Conseil 2 : S’entraîner sur des textes de différentes longueurs


S’entraîner sur des textes de différentes longueurs a deux avantages : 


  1. Vous vous entraînez et apprenez ainsi à connaître votre réaction face à un tel sujet, la manière dont votre cerveau reçoit les informations et le traite ;

  2. C’est un moyen de saisir ce qui est facile pour vous et ce qui l’est moins afin de le retravailler. C’est aussi l’occasion d’apprendre à gérer votre temps.


De cette façon, quel que soit le type de sujet sur lequel vous tomberez (court ou long), vous ne serez pas démuni le jour de l’examen, ce qui retire une petite dose de stress.


 

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Conseil 3 : Bien maîtriser son cours